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prévoir le bois pour chauffer l'eau dans un autre chaudron plus grand «lou peirou»
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tamiser les cendres de bois qui servaient de détersif
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préparer le matériel et les instruments indispensables à la lessive : brouette en bois, banasto, caisse à laver renforcée avec des chiffons ou des coussins de paille,
calée au bord de la pierre à laver elle permettait à la bugadière de se mettre à genoux, battoir à linge, brosse en chiendent, savon deMarseille conditionné en gros cubes
, on pouvait aussi utiliser de la saponaire en décoction pour faire de la mousse 
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faire tremper le linge le plus taché à l'eau froide ou tiède
Maintenant que tout est prêt, nous pouvons nous rendre à l'étape suivante...
Etape n° 2 : «l'embugadage»
Opération qui consistait à préparer le cuvier pour la lessive
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Ensuite il fallait recouvrir l'intérieur du cuvier d'un drap de chanvre appelé «florié», puis le remplir de linge en commençant par le plus sale : pièces grossières, torchons, mouchoirs,draps,taies d'oreillers, chemises...
- Puis on recouvrait le linge d'un autre drap plus petit et plus fin sur lequel on plaçait une épaisse couche de cendres de bois bien tamisées. Les bords des deux draps étaient roulés en bourrelets autour du cuvier pour éviter tout contact de la cendre avec le linge.

Etape n°3 : Le coulage ou la coulée
Pendant ce temps l'eau a chauffé dans «lou peirou» le chaudron,la femme peut maintenant couler la lessive «coula la bugado».
Avec un récipient à long manche, on prélevait de l'eau chaude mais non bouillante (pour ne pas cuire la saleté) et on la versait sur les cendres en effectuant un mouvement circulaire.
On renouvelait l'opération plusieurs fois. 
L'eau versée entraînait la potasse contenue dans la cendre à travers le linge, on la récupérait dans un chaudron placé sous le trou d'évacuation du cuvier.
Cette eau était appelée «leissièu».
Remis à chauffer le «leissièu»était reversé sur le linge, de plus en plus chaud pendant au moins 4 heures, on disait «metre sus la bugado». Souvent cette opération se faisait la nuit.
En fin de coulage, certaines femmes mettaient du thym sur le «florié» pour parfumer le linge, à ce moment-là on versait entièrement et peu à peu le contenu bouillant du chaudron
Pour déterminer la fin du coulage, chaque femme avait son repère : par exemple lorsque le «lessièu» prenait la couleur café au lait. Ce dernier était récupéré par les ménagères de la famille et du voisinage pour laver leurs sols.
Les femmes laissaient le cuvier égoutter avant d’entreprendre l’action suivante …
Étape n°4 : Lavage et rinçage au lavoir
Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d'eau, il pouvait avoir lieu à la maison, mais le rinçage, lui, nécessitait de grandes quantités d'eau claire.
Dernière étape avant le séchage, le passage au lavoir rythmait la vie des femmes.
Les bugadières se rendaient au lavoir, le linge entassé dans des corbeilles ou «banasto» sur une brouette avec le matériel indispensable à une bonne lessive : caisse, battoir, brosse en chiendent, savon de Marseille.
Sur la brouette, la caisse, à l'intérieur de laquelle se trouve le battoir et la brosse. 
Pour une petite lessive, la femme portait elle-même sous son bras la corbeille de linge bien garnie. 
Elles s'installaient à genoux dans leur caisse bourrée de sacs de paille et là, elles savonnent, brossent, frottent avec leurs mains avec des mouvements énergiques, jettent le linge dans l'eau, le tordent en le pliant plusieurs fois et le battent très fort avec le battoir (reçu en cadeau de fiançailles pour certaines ) sur une planche ou la pierre du bassin, afin de l'essorer le plus possible. 
Le linge était rincé et retrouvait une blancheur éclatante.
Une solide barre de bois horizontale placé au-dessus des bassins permettait de stocker le linge essoré, avant le retour en brouette vers le lieu de séchage. 
Etape N°5 : Le séchage du linge «lou secage»
Le linge bien essoré (on tordait les draps à deux) et bien défroissé
en le secouant vivement, était ensuite étendu à l'envers dans les prés ou sur des cordes tendues entre des arbres.

On le laisse une nuit dehors pour que la rosée «l'eigagno» lui redonne un blanc éclatant.
Etape N°6 : Le pliage du linge
La dernière phase de ce travail exténuant était le pliage du linge en l'étirant le plus possible car il est rarement repassé (sauf quelques pièces de lingerie).
D'ailleurs pour le verbe repasser, la langue provençale ne dit- elle pas «estira»? Cela veut tout dire!
Ainsi s'achève notre balade à la découverte d'un moment de vie et de travail des femmes aux siècles passés.
LE LAVOIR
Toute fontaine n'a pas son lavoir, mais tout lavoir est lié à une source ou à un cours d'eau.
Un lavoir est un bassin public alimenté en eau détournée ou captée, sur le parcours descendant d'une source ou d'un cours d'eau.
Ici à ORAISON, l'eau des fontaines et lavoirs provient d'une source «la Boucharde» située dans le vallon du Vésier rive gauche du Rancure à 500 m d'altitude environ.

Le lavoir est en général couvert pour protéger les lavandières des intempéries.
Il est composé de plusieurs éléments : la fontaine, le rinçoir (où on dégage le linge des restes de saleté et de savon) souvent divisé en 2 bassins : le «refrescator» reçoit l'eau fraîche de la fontaine qui s'écoule ensuite dans le «lavador».
Il possède généralement une ou deux barres en bois horizontales au-dessus du rinçoir pour égoutter avant de sécher le linge.
L'aire de travail est souvent faite en pierre de taille et l'accès est pavé ou dallé.
Il y a 3 lavoirs dans cette partie du vieux village dont 2 accueillent des crèches pour Noël :
un autre lavoir aujourd'hui disparu se trouvait à proximité de la fontaine située entre la rue Elie-Louis Julien et les allées Arthur- Gouin.
ROLE SOCIAL DU LAVOIR
Le lavoir n'est pas seulement un bâtiment où les femmes lavent leur linge, c'est aussi un espace public ouvert, rempli de vie, de bruit et de cancans.
Lieu de vie convivial réservé aux femmes on y échange des informations loin des regards des maris ou des pères, une sorte de double du Café de village pour les hommes qui eux, se retrouvent en un lieu fermé autour du vin et de l'absinthe. 
Réputé pour être un lieu de médisance :
«Au lavoir, on lave le linge, mais on salit les gens»
«Eici lou linge ven blanc, mai negre li gent»
Le lavoir n'exclut pas la solidarité,ne serait-ce que pour tordre le drap toujours à deux en sens inverse.

La grande lessive est une affaire de familles, les femmes se relayent pour «coula labugado» ou encore elles partagent le «leissièu»avec leurs voisines.
CONCLUSION
Mais aujourd'hui,cet équipement collectif jadis indispensable à la vie quotidienne, ce lieu de communication orale entre femmes, ne joue plus le rôle qui était le sien dans la vie locale d'autrefois.
«Il est devenu un endroit déserté... un lieu de mémoire que l'on visite parfois» comme aujourd'hui, ou au moment de Noël quand il devient un support d'animations festives.
«S'ils ne font plus partie de la vie quotidienne... les lavoirs entrent dans notre mémoire en tant qu'élément du patrimoine légué par nos ancêtres».
SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES UTILISEES
Haute Provence d’hier : «La femme à la fontaine»
Documents réunis et présentés par Jean-Yves ROYER et Pierre MARTEL
1978 – LES ALPES DE LUMIERE
«ORAISON – Le temps retrouvé»
Claude SAUVE
1996 – EQUINOXE
«ORAISON – Regards croisés»
Claude SAUVE
2009 – ALAN SUTTON
«Fontaines et lavoirs en Val de Rancure»
André LAURENT
2009 – CASTELLUM
AUTRES SOURCES UTILISEES
Les documents aimablement prêtés par Mme Joëlle BERG sur le déroulement de la lessive –
«Debana de la bugado»
Les photos mises à notre disposition par l'Office du Tourisme d'Oraison et M. Serge Klutchnikoff (CASTELLUM),
Sans oublier les richesses d’Internet.
Si vous voulez voir une autre bugade,