Leçon n°2 : les dessous.
Commençons par le haut : la question épineuse de la chemise !!
Sur le costume provençal, la chemise est TOUJOURS à manches !! Jusqu'au coude ! Surtout lorsqu'elle est apparente (en costume paysan). Là chemise sert à protéger les tissus du corset et du caraco.
De nos jours, que vous trichiez avec une chemise à manches courtes sous un caraco, passe encore !! Mais sur un costume paysan, non ! Rendre visible les avant-bras était déjà considéré comme vulgaire et réservé aux seuls paysans, inutile d'en rajouter avec des manches courtes !
La chemise est TOUJOURS apparente au-dessous du corset et du caraco, là encore, elle sert à protéger les tissus, si elle n'apparait pas, elle est inutile ! On évite la chemise de nuit de l'arrière grand-mère (à moins qu'elle l'ait elle-même héritée de son arrière grand-mère).
Le reste dépend de l'époque représentée : chemise à listo avant 1800 (très décolletée, elle laisse apparaitre la naissance de la poitrine) et jusque début 1800, chemise à coulisse ensuite (cache beaucoup plus le décolleté), plus ou moins travaillée selon la richesse du costume porté, la broderie anglaise n'apparait que fin XIXème. Gros tissus de chanvre / lin / coton pour les paysans, plus fin et plus travaillé pour les plus aisés. Les manches ne sont généralement pas taillées dans le même tissu que le corps, elles sont souvent dans un tissu plus fin que le reste en grosse toile.
Ensuite, le corset. Il sert à maintenir la poitrine et remplace nos soutiens gorge modernes. Ce qui ne dispense pas d'en porter un ! Et de tricher aussi avec un bien rembourré qui vous donne une ou deux tailles de plus ! Le corset est souple et peut être à lacets ou épinglé, rayé ou de couleur (pour les paysans) ou blancs en coton piqué. Sa hauteur dépend des époques et des terroirs et mettent plus ou moins la poitrine en valeur. Le tout est qu'il soit bien ajusté et non boudiné !!!
Pour celles qui n'ont pas le corps de rêve de Tomb Raider, vous pouvez toujours tricher avec un corset à baleines en dessous ! Soit jusqu'en haut de la poitrine , soit coupé sous la poitrine. Deux avantages : ça aide à se tenir droites pour celles qui ont une facheuse tendance à avoir les épaules en avant, et ça fait un joli ventre plat. Ne pas oublier que l'élégance était tout de même de mise quelque soit l'époque !
On peut éventuellement s'en passer sous un caraco long s'il fait chaud, ou alors se contenter du corset rigide), mais n'oubliez pas qu'il est apparent sous un caraco court ! Et oui, c'est balo de partir en spectacle sans corset parce qu'on a oublié qu'on porte un caraco court...
Evidemment, inutile de me répondre "essaie d'aller faire ta bugade avec tout ça !", oui, merci, je sais. On a juste parlé de tricher un peu quand on n'est pas aidé par la nature !
Dernière étape, le pantalon fendu et les jupons ! Symboles de l'élégance féminine au XIXème. Objets cachés et défendus mais rivalisant toutefois de coquetterie !
On "oublie" régulièrement la culotte fendue, mais si on veut vraiment reconstituer une tenue, c'est indispensable. Bien que fort peu pratique de nos jours, j'en conviens !
Pour les jupons, deux ou trois minimum !! En basin, de couleurs, rayés pour les paysans, blancs, brodés, ajourés, en dentelle pour les classes plus aisées (pareil pour le pantalon fendu). Propres, repassés, apprêtés s'il le faut pour les jupons blancs. On opte pour les jupons avec beaucoup d'ampleur (3 à 4m) resserrés par un lien à coulisse sur l'arrière. Là encore on évite le jupon de grand-mère d'après-guerre... Personnellement j'évite aussi les beaux jupons anciens avec plein de dentelle en bas (à part occasion vraiment spéciale), se prendre les talons dedans en défilé, c'est dommage. Ils sont tout aussi bien sur mon mannequin !
Et quand on n'a pas les fesses de Tomb Raider, on triche avec un faux-cul ou une tournure en crin / lin / tissu bien épais, soit monté sur une coulisse, soit carrément rembourré (on trouve ca très facilement sur eBay, un vendeur fait de très belles reproductions de tournures et jupons de crin de différentes époques). Le tout est de bien marquer la taille et gonfler les hanches et le faux-cul. Le standard de la beauté au XIXème n'était pas encore dicté par Gala et Voici. Merci...
Dernier accessoire : les bas !
On évite les collants blancs modernes et on opte pour des bas en coton, tricotés, ajourés (eBay est mon ami ! Certains pays européens ont quelques longueurs d'avance sur nous à ce sujet !). De couleur, rayés ou chinés pour les paysans (violet pour les poissonnières, violet à côtes à Marseille par exemple), blancs travaillés pour les classes plus aisées (ça y est vous commencez à comprendre ?).
Un petit apparté (avis personnel) sur cette analyse du port du costume. en Haute-Provence (je ne sais si c'est dû au dur labeur de nos paysannes ou au manque de ressources) mais on peut constater que l'on porte rarement le corset et le caraco ensemble surtout en ce qui concerne le costume paysan. Le corset (long qui rentre dans le jupe) lacé ou croisé fait office de caraco à manche courte ou vice versa. Il en est de même pour le corset velours des artisanes. On voit plus souvent le corset porté sous le caraco à manches des artisances.... En tout cas je ne manquerai pas de mettre en évidence la phrase concernant la broderie anglaise. En effet je déplore de voir des coiffes concfectionnées avec de la broderie anglaise, qui n'existait pas à l'époque du costume...... Elle n'est apparue que fin XIXème siècle.
Quelle va être la leçon N° 3 de Vaïana ???