Résumé du chapître II du livre d'Edmond DELAYE :

Histoire du costume du IVème au XIXème siècle.

IVème siècle :

Les paysans de la Gaule de l'époque portaient des justaucourps assez longs et des hauts-de-chausses assez courts que les Dauphinois appelèrent jusqu'au milieu du XIXème siècle : sayes ou brayes. Les français transformèrent ce mot en braies qui est l'orthographe actuelle Elles étaient fabriquées en étoffes de diverses couleurs.

A l'époque mérovingienne, l'habillement du paysan se transforma sous diverses influences, mais demeura à peu près constant durant toute cette période. Pour travailler l'homme des champs portait une sorte de tunique avec ou sans ceinture appelée "subucula" qu'il recouvrait au repos, d'une blouse tombant jusqu'aux genoux, qui portait le nom de dalmatique, si elle possédait des manches, et de colobe si elle n'en avait pas. Les braies complétaient ce vêtement.

Pour se garantir du froid ou de la pluie, il portait le pallium, grand manteau qui l'enveloppait complètement, ou la penula, longue pèlerine à capuchon qui devenait la birra si elle était pourvue de fentes latérales pour le passage des bras.

Le vêtement de la paysanne était fort simple, et, alors que les femmes de haute condition portaient, l'une sur l'autre, deux tuniques longues, étroites et sans plis, avec ceinture placée immédiatement sous les seins, la femme des Alpes se contentait du  chainse ou chemise, et, comme l'homme la recouvrait du colobe ou de la dalmatique qui tombait jusqu'aux chevilles, et en hiver, prenait la penula plus courte que celle du paysan.

La coiffure unique des deux sexes consistait à entourer la chevelure d'une bandelette mais sans bouts tombants.

Les chausses étaient des bas faits de pièces assemblées et non tricotées.

Vers le milieu du XVIIIème siècle le vêtement se perfectionna. aux braies, au chainse et aux chausses en toile ou cainsil, l'homme ajouta le theristra, sorte de camisole, et la gonelle ou tunique ajutée faite de gainsil ou de serge. Sur ce tout il aujouta la chape qui était un manteau grossier fait pour préserver de la pluie et qui se faisait quelquefois avec capuchon.

Les femmes des campagnes la portaient également.

Au IXème siècle apparurent les chaussures, brodequins, bottes et sandales. A cette époque, les paysans retinrent leurs chausses par des jarretières formées de cordons de couleurs et nouées sous le genou.

Puis la tunique devint moins longue, et prit le nom de bliaud qui est devenue la blouse portée dans les campagnes.

Nous traversons les siècles ..... A noter : les gros souliers et les sabots firent leur apparition à partir de 1 140 et c'est au XIème siècle, que les paysans se mirent à porter diverses coiffures telles que la calote puis la cale à la fin de ce siècle. La date de 1 140 marqua pour les deux sexes, l'allongement des vêtements jusqu'aux chevilles, les manches furent évasées et plus amples

Le XIIIème siècle vit la chainse se transformer en chemise dans le sens où nous l'entendons aujourd'hui. La chemise était en toile de chanvre ou de lin et tout paysan aisé voulut la porter sur la peau.

Dès le commencement du XIIIème siècle, les femmes et les filles commencèrent à cacher leurs cheveux (elles portaient le chaperon de drap : voile) pratique qui a duré jusqu'au XVIIème siècle. C'est ce qui prit par la suite le nom de "coiffe"

 Le chapeau, dans le sens que nous donnons aujourd'hui à ce mot, connu et employé dans l'antiquité, n'était revenu en honneur que vers le XIIème et était fort employé dans nos montagnes. Il se fabriquait en feutre, en paille, en jonc ou en til (lanières minces taillées dans la partie intérieure et très blanche de l'écorce du tilleul).

C'est vers la fin du XVIème siècle que se fixa dans chaque province la mode du vêtement populaire local. le vêtement de l'homme reçut quelques perfectionnements tels que celui apporté aux chausses, et qui, plus tard s'appelèrent simplement bas et ce fut vers 1550 qu'on eut l'idée de les faire en tricot de laine ou de soie.

Le pan mobile ou pan de devant des hauts de chausses affecta, depuis Charles VIII la forme d'une poche appelée braie, brayette, ce que l'on dénomma plus tard braguette. Cette pièce était mpunie aux angles supérieurs de deux petites pattes boutonnées appelées loquets.

Les femmes portèrent la chemise à larges manches, sur laquelle elles mirent une robe de drap presque toujours de couleur unie, dont la jupe très ample entourait la taille de tros plis froncés, et dont le corsage indépendant et souvent à bretelles n'était pas de même ton.

Le tablier à poche unique et centrale, comme il est encore employé par nos jardiniers, complétait, avec les souliers de cuir ce très simple vêtement. De plus l'édit somptuaire de 1549 leur ayant interdit absolument le port de la soie, même accessoire, ils furent définitivement voués à l serge et à la bure. Ce fut alors la stagnation dans le costume.

XVIIIème siècle : Le montagnard alpin porta désormais, dès la fin du règne de Louis XIV, c'est à dire entre 1690 et 1710, la culotte sur laquelle il fit monter plus haut que le genou le bas qu'il attacha au jarret par une jarretière de couleur sans pendants. Ce fut à cette même époque que le bas de coton fit son apparition.

Il adopta la longue veste non boutonnée, descendant jusqu'à mi-cuisse type appelé "Habit à la française" avec gilet de couleur voyante et coiffa un chapeau à larges bords retroussés sur trois côtés. Après 1710, ce chapeau se rapetissa et devint ce que l'on appela le lampion, tricorne. Ce ne fut que sous Louix XVI, et surtout aux jours de travail que le paysan pour s'abriter du soleil ou de la pluie, dégrafa les bords relevés de son chapeau en les laissant pendre à leur gré, ce qui donna à cette coiffure un aspect un peu sans façon et avachi et on l'appela "chapeau clabaud". En dauphiné et sourtout dans les Hautes-Alpes, région plus isolée et plus pauvre, les paysans adoptèrent pour tous les jours un bonnet de laine, assez souvent de couleur rouge. et sur lequel, les dimanches de jours de fêtes, il posaient leur chapeau. A noter : les hommes gardèrent le tricorne jusqu'en 1850 et même jusqu'à la guerre de 1870, dans certains endroits.

La toilette des femmes devingt à peu près uniforme et définitive, dans tout le Dauphiné, seule la coiffe fut difféente dans chaque région et les fit distinguer les unes des autres.

La caractéristique de la robe fut celle-ci :

* Jupe longue et ample de couleur unie, comportant de gros plis nombreux autour de la taille et descendant jusqu'à la cheville.

* Petit corsage à manches longues, dont les basques étaient recouvertes par la ceinture de la jupe et quelquefois de couleur différente de celle-ci.

* Un mouchoir ou châle de tissu de couleur (soie, laines, toile ...à) d'aspects et de dessins voyants extrêmement variés, dotn les extrémités antérieures entraient dans la ceinture du tablier oupassaient derrièire la bavette, quand il en comportait une.

* des bas de laine blanche ou brune

* des souliers plats ou des galoches.

*  les jours de fête et les dimanches, des bijoux spéciaux dont les formes variaient selon la région.

Fin du deuxième chapitre.