21 mars 2011

L'HABITAT RURAL ou MAS DE PROVENCE ....

En complément à mon article du 4 juin 2010 où je vous parlais d"avoir un mas en Provence", je vous fais partager ci-dessous, quelques unes de mes recherches sur l'Habitat Rural :

... la maison provençale est essentiellement organisée dans le but de la défense : défense contre le vent, contre les gelées, contre le soleil, c'est pourquoi les ouvertures exposées au midi ne sont ni larges, ni hautes. les bergeries, les greniers à foin ne voient le jour que par d'étroites meurtrières. Imposé par le climat  et par le genre de culture en vigueur autrefois, ce type de construction a traversé les siècles en s'adaptant aux conditions nouvelles ; des bâtiments annexes se sont ajoutés au fur et à mesure des besoins ; ils  contribuent à l'originalité du paysage agraire provençal. Mais, jusqu'à nos jours, le noyau traditionnel de la maison campagnarde n'a pas changé sauf dans les régions de tourisme et de villégiature où les demeures dites estivales sont trop souvent construites au mépris de toutes les règles dictées par l'expérience, et implantées au hasard, livrées au double assaut du mistral et du soleil.

LE_MAS_DU_JUGE

Si l'habitation a relativement bien résisté aux modes passagères, le mobilier traditionnel a considérablement évolué sous l'effet des changements économiques et des conditions nouvelles de vie. En effet, l'ammeublement des maisons rurales provençales était essentiellement fonctionnel : le pétrin, la panetière, le blutoir autour desquels s'ordonne le reste du mobilier dans la salle commune, n'ont plus de sens le jour où l'on cesse de pétrir la farine et de faire son pain. Or, jusqu'au début de notre siècle, dans toutes les campagnes un peu isolées, on a continué de fabriquer le pain avec sa propre farine et cela pour des raisons qui tiennent autant à la psychologie qu'à l'économie ; le pain avait pour nos ancêtres un caractère presque sacré ; le faire était accomplir un rite quasiment religieux.

De l'épi de blé à la panetière s'accomplissaient les gestes ancestraux : écrasement du grain sous la meule, raffinement de la farine passée dans un grand coffre à tamis, le blutoir ; puis fabrication de la pâte dans le pétrin, cuisson au four construit tout près de la maison et, enfin, conservation des miches dans la panetière ajourée, haut placée sur le mur pour échapper à la convoitise des rongeurs.

A ces trois éléments obligés de toute demeure rurale s'ajoutaient, selon les régions, en Arles le buffet à gradins,  buffet bas, d'un seul corps, avec au dessus, en retrait, un élément à portillons, en Haute-Provence une crédence, meuble bas muni de deux vantaux et deux tiroirs. Presque partout, des placards ménagés dans l'épaisseur du mur, où s'entassaient les terraio, humble vaisselle en poterie, les dourgo, cruches à deux anses, les tian, grands plats de terre.

l'eau, l'huile, les grais sont conservés dans des gerlo de toutes dimensions qu'on enterre parfois et qui sont les héritères directes des antiques dolia de l'époque gallo romaine. L'art du potier fournit l'essentiel de cet outillage culinaire, cuivres et étains n'étant pas d'un usage courant.

Dans les chambres un mobilier très simple, le grand lit à quatre montants - percouliero- garni d'une paillasse sommaire, semblable à celle que Mistral utilisa jusqu'à sa mort, une armoire à l'inge, généralement apportée en dot par l'épouse, et un berceau, caisse ajourée posée sur des spatins incurvés et répodnant facilement aux impulsions de la main qui berce. En pays montagnard, là où la salle commune avoisine l'étable, par crainte des animaux domestiques où même des loups encore nombreux on suspendait le brusc, le berceau rudimentaire, au mur, comme on le faisait pour la panetière.

Au centre de la pièce, brûle un calèu, la plus humble des lampes à huile, consitutée par un récipient métallique ovale, avec une gouttière pour la mèche et une tige de suspension qui pouvait n'être qu'un simple roseau. Dès le milieu du siècle dernier, dans la société plus évoluée et plus riche, le calèu cède la palce à la lampe à pompe en étain, toujours alimentée par l'huile. L'usage du pétrole s'introduit à la fin du siècle dans les camapgnes et son règne y dure longtemps, car si quelques rares villages commencent à connaître l'lectiricité à partir de 1890, grâce à des initiatives préivées, l'électrification rurale traînera pendant des décennies et ne sera pas terminée à la veille de 1940 ! ...

... le confort était à peu près inconnu à cette époque ; seule la salle commune était chauffée par un grand feu de cheminée qui servait également à la cuisine. Le combustible employé était généralement le bois et parfois, dans les régions pauvres, la bouse de vache séchée.

Dans le reste de la maison, point de feu ; les chambres sont glaciales ...

... La vie de la campagne et des villages était rude ; il fallait aller chercher l'eau au puits ou à la citerne et la mesurer avec parcimonie les années de sècheresse. L'usage des pompes à moteur ne s'est introduit qu'au début siècle et l'au à la pile est un progrès tout récent.

Des lieux d'aisances très rudimentaires, situés le plus souvent à l'extérieur de la maison, point de cabinet de toilette, ni à plus forte raison de salle de bains ....

"la vie Quotidienne"

en Provence au temps de Mistral - Pierre ROLLET

 

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04 juin 2010

UN MAS DE PROVENCE

L'autre jour je faisais part à un ami blogueur de mon rêve :

j'aurais aimé avoir un mas provençal ...!

Eh bien aujourd'hui, mon amie blogueuse "femme 1900" vient de m'adresser une page de la Revue :

"Femme de France" du 28 Mars 1926, que je vous laisse découvrir .......

"Je veux me bâtir une maison

Qui soit un sourire sur la route."

(Ghéon)

 

bloggif_un_mas_de_Provence

 

 

 

Si vous connaissez la Provence, et goûtez le charme de son sol roux, le gris pâle des oliviers sur un ciel bleu, si franc, si pur, où des rayons d'or baignent les demeures barbouillées d'ocre, de brique ou de rose sous leur cadran solaire, vous connaissez ce sourire sur la route : le mas, accueillant et chaud, sous ses toitures irrégulières à tuiles rondes patinées par le temps, où les mousses font un ourlet de verdeur. Un perron se déroule, encadré d'urnes puissantes, des aloès y déploient des pointes cruelles, des feuilles marbrées orgueilleusement dressées. Puis de larges dalles cernées d'un vert gazon en séparent les joints, des buis trapus taillés en boule encadrent la demeure qui, fenêtres grandes ouvertes, baigne dans la blonde lumière ses chambres peintes de clair, sous un rayonnage de poutrelles foncées.

Parfois, une terrasse à l'italienne surmonte un corps de logis ; une fresque à l'antique clôture un angle de maison. Tantôt c'est un seul rez-de-chaussée monté sur trois larges degrés, une pergola de roses l'abrite, son toit en léger auvent l'assombrit mystérieusement. Des pins croissent à l'entour, et un vieux puits y ouvre son profond abîme sur une eau hardie ; de pourpres bougainvilliers courbent leurs rameaux sur le fer du cintre. Et des chemins étroits festonnent le jardin enclos de grosses pierres, où les lézards tracent un frétillant sillage. Dees orangers-boules se couvrent de fleurs et de fruits en un enchantement simultané et toutes les petites fleurs ignorées sentent bon tant qu'elles peuvent.

Du désordre de la nature, où croissent ronces et mimosas en savoureux voisinage, on tire un parti charmeur, une bastide se devine sous les torses noueux d'oliviers centenaires dont les fruits s'écrasent sous vos pas, près d'orchidées sauvages au pistil de soie marron, aux feuilles grassement découpées.

Montez les degrés de l'entrée voûtée, vers ce frais vestibule peint de rose, où s'appuie ce pétrin d'époque Louis XVI d'une patine sévère, des décors harmonisent les barres transversales répétées deux fois. Sous le coffre, on a placé sur la tablette des grocs d'étain, des grès du pays, un déjeuner de Marseille et au-dessus la grâce fuselée d'une pannetière aux lignes tourmentées, aux clochetons inégaux, vrai meuble de Provence voisinant avec une vieille bassinoire de cuivre.

Dans la proche cuisine que de merveilles : des étagères aux rebords ondés fouillées de fleurs, contiennent amphores plates, aqssiettes, flacons rutilants de leurs étains et de leur cuivres, des encoignures de bois centenaire où se hausse la lumière dun chaudron, un buffet camarguais aux lourdes serrurs découpées : au-dessus et autour : des cuillers, poêles, tripières, daubières appendues aux bois frustres rayabt la pâleur des murs.

Sous la lourde lanterne à maillons de fer, se meut une belle fille d'Arles, au profil pensif sous la coiffe, le fichu sagement joint et la jupe longue. Elle sait accueillir d'un sourire l'hôte gravissant les pentes d'un coeur léger, un peu ivre des parfums d'herbe chaude, d'un jour radieux rayé d'or sur azur. Tandis qu'un pâtre au loin module et qu'une chèvre gambadante découpe son ombre dans la grande baie ouverte.                   RUBIS.

Femme de France du 28 mars 1926

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