02 décembre 2015

Le chien et les chacals : Jean de La Fontaine.

Etonnant ce que cette fable vieille de quatre siècles est aujourd’hui actualité, en voyant ce que les migrants font aux pays hospitaliers 
Lisez  attentivement cette fable, peu connue  !!


Elle doit  dater de 1671. Un sacré  visionnaire, ce Jean de la Fontaine  !
LE CHIEN ET LES CHACALS  !!!!!
Jamais apprise à l'école, mais  d'actualité malgré son  âge.


Du coquin que l'on choie, il faut  craindre les tours  
Et ne  point espérer de caresse en  retour
Pour l'avoir ignoré,  maints nigauds en pâtirent.
C'est ce dont je  désire, lecteur, t'entretenir.

Après dix ans  et plus d'homériques  batailles,
de méchants pugilats, d'incessantes  chamailles,
Un chien était bien aise d'avoir signé la  paix
avec son voisin, chacal fort  éclopé
Qui n'avait plus  qu'un œil, chassieux de  surcroît,
Et dont l'odeur, partout,  de loin le précédait.

Voulant sceller  l'événement
et le célébrer  dignement,
Le chien se donna grande  peine
Pour se montrer doux et  amène.

Il pria le galeux chez lui, 
le fit  entrer, referma l'huis,
L'assit dans un  moelleux velours
Et lui tint ce pieux  discours :

« Or donc, Seigneur Chacal, vous  êtes ici chez vous !
Profitez, dégustez,  sachez combien je voue
D'amour à la  concorde nouvelle entre nous !
Hélas, que j’ai  de torts envers vous et les  vôtres,
Et comme je voudrais que le passé fût  autre !
Reprenez de ce rôt, goûtez à tous les  mets,
Ne laissez un iota de ce que vous  aimez ! »

L'interpellé eut  très à cœur
D'obéir à tant de  candeur.
La gueule entière à son  affaire,
Il fit de chaque plat  déssert
Cependant que son hôte  affable
Se bornait à garnir la  table.

Puis, tout d'humilité et la  mine contrite,
En parfait comédien,  en fieffée chattemite,
Il dit : «Mais,  j'y songe,  mon cher, 
Nous voici  faisant bonne chère
Quand je sais là,  dehors, ma pauvrette famille :
Mes épouses, mes  fils, mes neveux et mes filles,
Mes oncles et  mes tantes que ronge la  disette, 
Toute ma  parentèle tant nue que  maigrelette. 
Allons-nous  les laisser jeûner  jusqu'au matin ?  »

"Certes non ! »  répliqua, prodigue, le matin,
Qui se leva,  ouvrit, et devant qui passèrent
Quarante et un  chacals parmi les moins  sincères.
Sans tarder cliquetèrent les  prestes mandibules 
Des grands  et des menus, même des  minuscules.
Ils avaient tant de  crocs, de rage et d'appétit,
Ils mangèrent  si bien que petit à petit
Les vivres s'étrécirent comme  peau de chagrin
Jusqu'à ce qu'à la fin il  n'en restât  plus rien. 

Ce que  voyant, l'ingrat  bondit :
« Ah ça, compère, je  vous prédis
Que si point ne nous  nourrissez
Et tout affamés nous  laissez
tandis que vous allez  repu,
La trêve entre nous est rompue !»

Ayant alors, quoi qu'il eût  dit,
Retrouvé forces et  furie,
Il se jeta sur son  mécène, 
Et en une  attaque soudaine 
il lui  récura la toison, 
Aidé de  toute sa maison. 
Puis, le  voyant à demi-mort,
De chez lui il le  bouta hors. 

Et  l'infortuné  crie encore 
«La peste  soit de mon cœur  d'or !  » 

Retenez la  leçon, peuples trop accueillants  : 
À la gent  famélique, point ne devez  promettre.
Ces êtres arriérés,  assassins et  pillards 
marchent  en rangs serrés sous le vert  étendard.
Vous en invitez un,  l'emplissez  d'ortolans, 
Et  c'est  jusqu'à vos  clefs qu'il vous  faut lui remettre.

Jean de LA  FONTAINE

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29 mars 2013

C'est le printemps : dernier week-end de mars et Pâques.

Je vous souhaite à tous un très bon week-end de Pâques.

et attention au Poisson d'Avril lundi.

 

Voici un dicton de paysan provençal au rythme des saisons :

Iéu siéu lou fres Abriéu : tout reviéu, tout grelo, tout bourrejo.

Ségas lou fèn nouvéu que verdejo e toundès li troupéu.

Pichoto plueio d'Abriéu fai bello messoun d'estiéu.

Abriéu fres, pan e vin, douno ; se mai es fres lou meissounno.

Quand vèn lou mes d'Abriéu, la seglo dis au blad : Adiéu ! lou blad ié fai : laisso veni lou mes de mai, t'aurai, emai te passarai !

 

Moi, je suis le frais avril : tout revit, tout germe, tout bourgeonne.

Coupez le foin nouveau qui verdit et tondez les troupeaux.

Petite pluie d'avril fera belle moisson d'été.

Avril froid, pain et vin donne : si mai est froid il le moissone.

Quand vient le mois d'avril, le seigle dit au blé :

Adieu ! le blé lui répond : laisse venir le mois de mai,

je t'aurai et même je te dépasserai !

 

Mais moi j'en ai assez de cet hiver interminable et je lanquis la chaleur du mois de mai.

 

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14 juin 2011

DEVE DE MEMORI : Devoir de mémoire

Pour rester encore un peu auprès des oléiculteurs, suite à la fête de l'Olivier à Forcalquier et pour se préparer au mariage de la Truffe et de l'olive qui aura lieu le 10 JUILLET à GREOUX LES BAINS, voici un poème de notre ami Momont : "Eimound di Colo". Oléiculteur et provençal vont bien ensemble.

 

Tu l'oulivaire dins ta bello ouliveto,

Au mitan de ti venerablo aubre d'argent,

Sabes que se siés urous, es gràci à toun viei

que lis a fa crèisse, adaut prochi lou cèu.

 

Ero sa passioun e lis aubre, sis enfant,

Li a baia lou meiour de soun tèms.

Quant de cop a mounta sus li draiou,

Eme, à soun espalo, sa biasso e soun magau.

 

Se tenié aqui à l'endré ounte siés encuei,

Ounte saboures coum'éu este moumen,

Te semble pas de lou vèire fumant sa pipo ?

Coune èro countènt au moumen de la culido !

 

Toun papet, èu que te voulié tant de bèn,

T'a leissa soun bastoun de vieiesso :

Soun eissado que luso, chabido pèr si man,

Aquelo qu'à tant fa de restanco de péiro.

 

Regardo au luen, li mountagno e li colo,

Soun toujour aqui fasènt un bèu tablèu,

E nautre, li courajous oulivaire

Li rendènt oumage'me nosti bèus aubre blanc.

 

Coum'autant de bouquet de pervènco,

N'en flourissènt ansi si coursage,

Eme de perlo de soun fuiage d'argent

Que dis annado, n'en subisson pas l'outrage.

Osco pèr aquèli bravis oulivare.

Eimound di Colo.

T1out le monde ne comprenant pas "nosto lengo", je vous le recopie en français :

DEVOIR DE MEMOIRE

Toi l'Oléiculteur dans ta belle oliveraie,

Au milieu de tes vénérables arbres d'argent,

Sais-tu que si tu es heureux, c'est grâce à ton vieux

Qui les a fait croître, là-haut près des cieux.

 

C'était sa passion et, ces arbres, ses enfants,

Il leur a consacré le meilleur de son temps.

Que de fois, il est monté sur le sentier

Avec, sus son épaule, sa musette et sa houe.

 

Il se tenait là, à l'endroit même où tu es,

Où comme lui, tu savoures ce moment.

il ne te semble pasde le voir fumant sa pipe ?

Comme il était content de voir cueillir ses olives !

 

Ton papet, lui qui te voulait tant de bien,

Il t'a laissé son bâton de vieillesse :

Sa houe luisante, usée par ses mains,

Celle qui fit tant de restanques de pierres.

 

Regarde au loin, ces montagnes, ces collines,

Elles sont toujours là formant un beau tableau.

Et nous les courageux oléiculteurs

Leur rendons hommage aqvec nos beaux arbres :

 

Comme autant de bouquets de "pervenches blanches",

Nous fleurissons ainsi leur corsage

Avec le feuillage de ces perles d'argent

Qui, des ans, n'en subissent pas l'outrage.

Bravo pour ces braves "Oulivaires".

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28 août 2010

PAUV' DE MOI ......

lavoir_1J'étais un si bon vieux lavoir

Les fem'chaque jour, chaque soir,

Venaient s'égayer en ces lieux

J'étais un beau lavoir bien vieux.

Ah ! que de draps on a posé

Sur mes très vieilles margelles

Que de linge battu, frappé

Par le battoir de ces belles !

Tandis que l'eau claire clapotait

Tandis qu'au loin elle emportait

Les secrets de polichinelle

Sortis de la lange des belles.

062

La Fontaine Saint-Martin

S'écoulait dans mon bassin ancien

J'étais le doyen des lavoirs

A mes côtés un abreuvoir.

Venaient y boire les chevaux

Dans le temps n'y avait pas d'auto

On m'appelait le bon marco

Tu temps n'y avait pas d'auto.

Mes deux bassins étaient en bois,

Dans les fonds j'étais à l'étroit

Le sieur Grapin voulut m'enclore

les femmes crièrent pas encore !

On m'habilla d'un très beau toit

Lanvandières à l'abri du noroi

Voyez ce qu'il reste de moi

Pauvre Marco bassin de roi.

Michèle CAMINADE 14/10/2003

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