24 septembre 2015

Journée européennes du Patrimoine à Avignon / Exposition sur Jean Henri FABRE au Palais du Roure.

A découvrir en ce moment dans la Salle Marcel Bosqui du Palais du Roure une exposition sur Jean-Henri FABRE (1823-1915), Félibre et Savant, dans le cadre du centenaire de sa mort (1915-2015).

Pour ceux qui n'auront pu voir cette expo mais qui désirent en savoir un peu plus sur la biographie de ce poète provençal. je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous et je remercie Eric d'avoir bien voulu me le communiquer :

http://ambre.jaune.free.fr/fabre2.html#infographies_JH_FABRE

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 http://ambre.jaune.free.fr/fabre.html

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Journées européennes du Patrimoine à Avignon : "L'abesse du Roure"

Faisons plus ample connaissance avec

 Jeanne de Flandreysy-Espérandieu

1874-1959

 

Le 12 juillet 1944, à l'occasion de ses 70 ans, en pleins bombardements, Jeanne de Flandreysy-Espérandieu léguait à la ville d'Avignon Le Palais du Roure et toutes les collections qu'elle y avait réunies.

C'est en 1918 que commence l'aventure avignonnaise de Jeanne de Flandreysy.

Née le 11 juillet 1874 à Valence, de son vrai nom Jeanne Mellier, elle entama très tôt une carrière littéraire et journalistique, en même temps qu'elle devenait la collaboratrice du grand mécène et écrivain marseillais Jules Charles-Roux.

Mais déjà, en 1900, elle avait fait la connaissance de Frédéric Mistral et entrepris, dans l'enthousiasme de la jeunesse une véritable "croisade" pour la défense de la culture méditerranéenne.

En 1908, à l'occasion du tournage du film Mireille, elle rencontra en Camargue, "Lou Marquès", le légendaire Folco de Baroncelli. Cette rencontre donna un sens nouveau à sa vie. Dès lors, rien ne l'arrêtera dans l'oeuvre qu'elle veut accomplir. Elle est belle et séduisante, intélligente, cultivée et très déterminée. Aucun obstacle ne la fera reculer.

En véritable précurseur de la documentation moderne, elle ne cesse d'amasser documents et objets les plus divers. Et bientôt elle cherche un lieu pour abriter tout cela. le choix d'Avignon, berceau du Félibrige, est déjà fait. la providence veille. En 1918, l'ancien hôtel de Baroncelli-Javon est en vente. Sans hésitation, elle l'achète. les travaux commencent.

Le Palais du Roure, par la volonté d'une femme,

deviendra le temple de la culture latine.

Outre la constitution d'une bibliothèque méridionale particulièrement riche, qui compte parmi les plus importantes du Sud de la France, elle s'est attachée à réunir des collections de toutes sortes.

Parfois mal comprise et critiquée par certains qui ne décelaient pas l'intérêt que présenteraient ces objets et documents pour les générations futures, elles engrangeait, sauvait, restaurait toujours sans relâche.

Généreuse et altruiste, elle recueillit des artistes à la dérive comme le poète Luis le Cardonnel et le peintre symboliste belge Henry de Groux, dont le Palais du Roure peut s'enorgueillir aujourd'hui de posséder les principaux chef-d'oeuvre.

Son mariage en 1936 avec le Commandant Emile Espérandieu, membre de l'Institut, grand érudit et archéologue éminent, conservateur des Musées Archéologiques de Nîmes et des Monuments Romains du Gard, apporta au Palais du Roure une dimension nouvelle. Emile Espérandieu fit don de sa bibliothèque et des ses archives à Jeanne et c'est alors que, d'un commun accord, ils décidèrent de créer la Fondation qui portera leurs noms et de la léguer à la Ville d'Avignon. Ce qui fut fait, après la mort du Commandant, sous forme de deux donations : la première, celle de 1944, outre le bâtiment lui-même, consistait en tableaux, meubles, objets, livres, manuscrits, revues, photographies et documents divers, le tout porté sur un inventaire comportant 53 feuillets dactylographiés. L'inventaire de la seconde, 3 ans plus tard, le 18 Octobre 1947, ne comporte pas moins de 72 feuillets !

Désormais, Jeanne de Flandreysy-Espérandieu ne possédait plus rien.

Mais son énergie, toujours intacte, la poussait inlassablement. Son oeuvre n'était pas terminée : en 1952, elle créa l'Institut Méditéranéen du Palais du Roure, placé sous la double autorité scientifique des Universités d'Aix-Marseille et de Montpellier, qui matérialise son vieux rêve de "Villa Médicis" provençale.

Le 3 juillet, elle reçut une légion d'honneur largement méritée.

Et Jeanne s'en est allée le 15 Mai 1959

Un grand merci à cette grande Dame !

 

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Journée européennes du Patrimoine à Avignon : Histoire d'une passion ..... a découvrir au Palais du Roure.

LA COLLECTION DE CLOCHES DU PALAIS DU ROURE :

Voici mon sixième message sur ma journée de Samedi dernier : suite de ma visite.

Dès son installation dans le Palais du Roure, qu'elle avait acheté en 1918, jeanne de Flandreysy commença à collectionner des cloches. les premières furent suspendues un peu partout dans la cour d'honneur.

 

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Petit à petit, la passion s'affirmant, les cloches arrivèrent dans la maison. Offertes, achetées chez des fondeurs, des antiquaires ou encore des récupérateurs de métaux, au kilo, pour leur épagner la refonte, il y en eut bientôt un nombre important. De toutes tailles, de toutes orignines, très modestes ou très rares, de la plus ancienne à la plus récente, elles constituent aujourd'hui l'un des ensembles campanaires les plus importants de France (près de 200 pièces). Cette collection ne se veut ni historique, ni scientifique : on ignore l'origine de bon nombre de ces cloches. Il s'agit plutôt d'une collection symbolique et même sentimentale. En effet, Jeanne de Flandreysy a redonné vie à ces "orphelines" en les rebaptisant, en les dédiant à des poètes, des musiciens, des artistes. C'était sa façon à elle d'honorer les grands hommes. C'est ainsi qu'elle a rendu hommage à Homère, Virgile, Dante, Pétrarque, Pascal, Racine, Lmartine, Baudelaire, Mallarmé ... et bien sûr Folco de Baroncelli et Frédéric Mistral.

La dernière cloche baptisée au Palais du Roure en 1956, 3 ans avant la mort de Jeanne de Flandreysy, fut dédiée à Pablo Casals qui vient, à cette occasion, donner un grand concert dans la cour d'honneur du Palais et inaugurer le "musée de cloches".

Une place particulière est faite aux cloches avignonnaises fondues par les maisons Pierre Pierron, Reynier ou Gautier, ainsi qu'aux sonnailles de la célèbre maison Simon de Carpentras.

On peut y voir des cloches de vaches provenant de Suisse ou du Massif Central, des grelots de roulier dont ceux de la célèbre "patache" (diligence) de Maillane, achetée par Jeanne de Flandreysy en 1935 ; des carillons à vent, des cloches "exotiques" (Chine, Japon, Perse, Mexique ...), une cloche unique fabriquée dasn un obus de la guerre de 14-18, des "tintinnabula" (petites clochettes) gallo-romaines du 1er siècle avant J.C. trouvées à Alésia, des grelots des XIVème et XVème siècles trouvés à Avignon, des cloches des XVIème, (dont une très rare dite "à dents de peigne" donnée par l'Evêque d'Assise), XVIIème, XVIIIème,XIXème siècles ... jusqu'au XXIème, car la collection ne cesse de s'enrichir.

Sans oublier les cloches fantaisie, les cloches souvenirs, ou encore les cloches-publicité.

Le tout surveillé par un Coq de clocher du XVIIIème siècle.

Rabelais avait baptisé Avignon "L'Isle sonnante" et Frédéric Mistral "la sonneuse de Joie".

Avignon et ses "cent clochers" ont inspiré tant d'écrivains et de poètes !.

Et même Victor Hugo à qui Clément Fanot, le "carrillonneur fou" de l'église Sains Didier, aurait inspiré le personnage de Quasimodo !

Je ne peux que remercier le Plais du Roure pour toutes ces explications très enrichissantes .....

 

 

22 septembre 2015

Journées Européennes du Patrimoine à Avignon : Ma troisième visite : LE PALAIS DU ROURE

Suite de ma balade à Avignon. Après avoir vu l'exposition de Marie Sylvestre dans la chapelle du Palais du Roure et avoir sympathisé avec les charmantes provençales en habit traditionnel dans la cour, j'ai commencé la visite de cette grande demeure d'Atmosphère.

Un peu d'histoire .... L'Histoire de la demeure commence par l'arrivée en Avignon de deux frères issus d'une famille de banquiers florentins, Pierre et Carle BARONCELLI.

En 1462, Pierre BARRONCELLI épouse Léonarde de Passis, appartenant à la famille des Pazzi, également oringinaires de Florence. Le couple s'installe dans une demeure appelée "La Taverne du Mûrier" qui appartenait au beau-père de Pierre Barroncelli. Ils y résident en tant que locataires jusqu'en 1469, date à laquelle Pierre Barroncelli rachète la demeure.

Voici le porche de l'entrée et son plafond :

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LA COUR :

A l'origine la cour était plus étroite et on y trouvait un puits. Dans l'angle Nord-Ouest se dressait une tourelle qui logeait l'escalier principal de la maison. Le long de la façade Ouest, les traces d'anciennes arcades sont encore perceptibles. Ces dernières étaient surmontées d'une galerie dont on perçoit également les traces de couverture. Tout cela disparait à la fin du XVIIème siècle pour une entière rénovation de la maison. Ainsi la cour est élargie et le puits détruit. On installe une salle à manger au rez-de-chaussée, un grand escalier d'honneur et au premier étage des ailes Est et Ouest, deux grandes enfilades de salons et d'apparetements qui seront superbement ornés dans le courant du XVIIIème siècle.

Voici la cour, aujourd'hui, photo prise de la Chambre au plafond au 1er Etage :

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L'ESCALIER D'HONNEUR :

Parmi les travaux de remaniement qui transformèrent la maison à la fin du XVIIIème siècle, la pièce maîtresse est sans conteste le grand escalier.Comme dans toutes les grandes demeures de l'époque, il ne conduit qu'au premier étage, "l'étage noble", réservé au maître de maison et à a ses invités ; la domesticité était logée au second. Cet important volume est surmonté d'une galerie de musique. Ici sont exposées des huiles du peintre Belge Henry de Groux, dont son célèbre Christ aux outrages, et une série consacrée à l'Enfet de Dante. On remarquera également la maquette d'Ugolin de J.B. Carpeaux.

Dans l'escalier, J'ai fixé mon objectif sur cette toile qui me plaît particulièrement .....

"Le marché de la Place Pie" par Clément Brun

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L'ANTICHAMBRE :

Le mobilier contenu dans cette pièce, y compris le miroir, provient du salon du château de Fontségugne. C'est dans cette demeure de Châteauneuf de Cadagne que, le 21 MAI 1854, Frédéric Mistral at ses amis écrivains fondèrent le Félibrige. une porte donne accès à l'escalier de service. En exposition une statue de Saint-Roch (XVIIIème siècle) le portrait de Rose Bordas par Pierre Grivolas, et la vue du pont St Benezet par Camille Dufour (v. 1902).

LE SALON

 

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Le salon est meublé en style provençal du XVIIIeme siècle. A remarquer, un coffre à dentelle posé sur la commode. On y trouve un beau portrait de Frédéric Mistral, peint en 1806 par Paul Saïn. Au dessus, un portrait de jeanne de Flandreysy peint par Léo Lelée. A droite et à gauche, deux portraits en pied du couple Semenow, des aristocrates russes qui adoraient la région d'Avingnon, peints par Pierre Grivolas. le couple fit construire le "Château des Chênes Verts" dans lequel ils conviaient leurs amis comme Frédéric Mistral, Paul Arène, Alphonse Daudet et pierre Grivolas dans le cadre de petites soirées de culture provençale.

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LA SALLE A MANGER 

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 Cette pièce est essentiellement meublée avec un mobilier provençal du XVIIIème siècle : on y trouve un très beau buffet à deux corps ainsi qu'un meuble fixé au mur, appelée "panetière", particulier à la Provence et servant à conserver le pain.

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LE BOUDOIR

Le Boudoir est une pièce consacrée à la femme qui racheta la demeure en 1918, Jeanne de Flandreysy. De son vrai nom Jeanne Mellier, elle est la fille d'Etienne Mellier, personnage éminent de la ville et très estimé de ses contemporains. Elle se montre digne de son père, avec un talent d'écrivain qu'elle exerce en publiant dans des journaux de Valence avant de devenir journaliste littéraire pour le Figaro de 1904 à 1910. Entre-temps elle fait la connaissance d'un certain nombre d'écrivains provençaux, parmi eux Frédéric Mistral et Folco de Baroncelli. Au contact de ces deux personnages, grands défenseurs de leur culture, Jeanne de Flandreysy se prend de passion pour la culture provençale. Elle accumule une énorme quantité de documents, d'objets ethnographiques et de souvenirs. Lorsqu'en 1918, le Plais du Roure est à endre, elle essaie de rassembler les fonds nécessaires et s'associe à Jule Charles-Roux, un grand mécène marseillais ; mais ce dernier décède. Le projet est finalement réalisé grâce à son père qui avance la somme nécessaire, Jeanne de Flandreysy s'installe et entame un énorme programme de restauration. Au fur et à mesure, elle peut jeter les bases de ce qui deviendra le "Centre de Culture Méditéranéenne du Palais du Roure". L'origninalité de cette femme reste aussi sa grande collection de cloches répartie dans toute la demeure et se chiffrant à 175 pièces. En 1944, jeanne de Flandreysy lègue sa fondation à la Ville d'Avignon. Elle décèdera en 1959 à l'âge de 85 ans.

 

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LA CHAMBRE A PLAFOND :

La"chambre au plafond" est une des rares pièces ayant conservé son volume original. On peut y admirer son très beau plafond à caissons, posé vers la fin du XVème siècle. Le mobilier de la pièce n'est pas d'origine, mais on y trouve un meuble ayant appartenu aux Baroncelli : leur Cathèdre. Il s'agit d'un siège d'apparat fabriqué lorsqu'ils furent anoblis par le Pape LéonX en 1514 et obtinrent le titre de Seigneurs de Javon.

 

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 Le Cathèdre (dommage un peu flou)

La pièce est également décorée de nombreux portraits de la Famille Baroncelli et de ses alliés par le mariage, dont Julien Della Rovere, Légat d'Avignon qui devint Pape sous le nom de Jules II. La famille Baroncelli conservera la maison pendant cinq siècles, jusqu'à sa vente en 1908. En sortant de la pièce, l'arbre généalogique est à découvrir.

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L'ESCALIER A VIS

Seul escalier d'origine (XIème siècle) conservé dans la maison, ses marches présentent l'usure caractéristique d'un usage prolongé. outre les deux étages principaux, il dessert plusieurs petites pièces en entresol et en terrasse. Comme dans la cour, un certains nombre de cloches de la collection de Jeanne de Flandreysy y sont exposées.

 

Ainsi se termine ma visite du Palais du Roure, mais trois autres messages en prévision sur : 

- Jeanne de Flandreysy

- l'histoire de sa passion

- l'exposition qui se tient actuellement au Palais du Roure sur Henri FABRE (Félibre et Savant)

 

A suivre donc ....... Bonne journée ensoleillée à vous tous.