10 août 2017

Un fichu mousseline de coton brodé couleur ....... pour un peu changer !

La canicule, un temps idéal pour la broderie en restant  au frais, pendant que certains font la sieste.....et avant un petit tour à la piscine, mon aiguille n'est jamais loin. je vous présente mon ouvrage de juillet :

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06 juin 2012

Caractères généraux des meubles provençaux : les bois employés

En Provence, comme dans toutes les provinces aux meubles d'un caractère bein défini, la matière première des meubles est surtout empruntée aux essences du pays. Quelques bois semblent avoir conservé les mêmes préférences. C'est le cas ici du noyer, bois de base, accessoirement du cerisier et d'autres bois fruitiers : sorbier, mûrier, olivier ..; Ces bois un peu plus rares furent à la longue introduits dans la fabrication des meubles, pour apporter leur teinte plus claire, plus chaude ou plus soutenue, leur grains et leur texture différents, dans l'ornementation de plus en plus fouillée.

Depuis le Moyen Age jusqu'à la fin du XVème siècle les menuisiers provençaux utilisèrent beacoup de bois blanc, qu'ils décoraient de peintures vives ou recouvraient d'étoffes.

Au XVIème siècle, le bois de noyer devint d'un usage courant et resta tel au cours des siècles suivants. Si bien que nous pouvons dire que le Noyer est l'essence la plus employée en menuiserie, dans le Comtat Venaissin et la Provence, tant pour les Meubles de luxe que pour ceux de la Demeure campagnarde ou citadine modeste. On faisait d'ailleurs jusqu'au delà du Lyonnais boiseries, huisseries, planchers même avec du noyer. Et dans beaucoup de familles, on donnait aux futurs époux des noyers en cadeau de mariage avec lesquels le "Fustier" façonnier établissait les Meubles.

Cette vogue du Noyer vient du fait que les montagnes provençales fournissent des arbres magnifiques, et que le bois lui-même se prête, par son coloris et sa texture, aux travaux les plus divers et à la menuiserie la plus fine.

L'olivier, arbre commun dans la Basse-provence, a été employé également à toutes les époques, mais surtout aux XVIème et XVIIème siècles. Et tandis qu'on ne l'employait nulle par tailleurs, le Poirier était beaucoup utilisé sur les bords du Rhône et de la Durance, et hautement apprécié parce qu'il prend admirablement les couleurs et que, teint en noir, il ressemble un peu à l'ébène.

Les inventaires d'ameublements provençaux et comtadins mentionnent aussi l'usage du saule, tilleul, cerisier, sorbier, amandier, mûrier, oranger, chêne, châtaignier, buis ... le mûrier a l'avantage de ne pas être rongé par les vers ; le tilleul, au contraire se pique beaucoup. Mais en résumé, le noyer était le bois le plus généralement employé, tant pour des raisons d'esthétique que pour des raisons de solidité, aussi parce qu'il existait en abondance. Il se prête , en plus, à un encausticage parfait, ce qu'apprécient hautement les ménagères provençales, dont les meubles sont toujours d'une reluisante propreté.

Les bois précieux entrent pour une part minime dans la confection des Meubles anciens. Les Marseillais cependant possèdent des pièces de choix construites en bois des Iles, principalement pour les marqueteries, et surtout , en ébène. L'ébène joue encore un rôle dans la marqueterie, à côté de l'olivier, du citronnier, de l'ivoire et du cuivre. A part quelques rares exceptions, les meubles furent donc construits, comme vous le voyez de bois de pays, ce qui ajoute à leur valeur comme production régionale.

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31 mai 2012

"VIE A LA CAMPAGNE" - 1925

Cher amis blogueurs, bonjour, et bien vous allez peut-être trouver que j'ai de la chance, car après le livre sur les costumes des Hautes Alpes, dont je vous a fait partager le contenu au fur et à mesure de ma lecture et bien aujourd'hui, je viens de me procurer, un livre d'exception qui est un numéro extraordinaire sur les meubles régionaux : Provençaux et Comtadins, un autre sujet qui m'intéresse fortement, je vous en ai déjà fait part dans des messages précédents.

Nous nous retrouvons en 1925 : "LA VIE A LA CAMPAGNE", poursuivant ses études si documentées de l'Ameublement à travers les siècles, dans nos Provinces françaises, consacre le numéro du 15 Décembre 1925 à La Provence et au Comtat. Cette étude est le fruit de recherches laborieuses, d'observations objectives ; elle dénote chez son auteur, M. Albert Maumené, (qui était le Directeur de La vie à la Campagne) non seulement une compétence réelle, mais un souci d'art et de vérité dont il convient de le louer grandement.

.. L'Histoire du mobilier doit être intéressante pour quiconque aime son Pays et veut le bien connaître. Les Meubles sont en effet, les témoins discrets de la vie de nos pères. Dans leur muet langage, ils nous instruisent du passé national et nous aident à en découvrir l'âme. C'et une merveilleuse leçon de choses qui nous dévoile non seulement les préoccupations domestiques des aîeux, leurs goûts divers, mais, parfois aussi, leurs tendances d'ordre moral et politique.

Ignoré ou presque, hors de notre région, jusqu'au commencement du XXème siècle, le Meuble Provençal a, pour bien des Français, l'attrait du nouveau, de l'inédit. Je pense que cet ouvrage qui traite de l'ameublement de la Provence a dû intéresser beaucoup d'amateurs d'art. Ce numéro de "LA VIE A LA CAMPAGNE" a toute l'importance d'un ouvrage d'art avec ses illustations abondantes et choises et je suis très satisfaite qu'il ait sa place sur l'étagère de ma  bibliothèque.

Mais avant de le ranger, je vais m'y plonger dedans, la lecture va être fastidieuse et longue, mais certainement très instructive. Je ne sais pas si je vais être assez câlée pour vous en faire un résumé succint, mais j'essaierai de vous scanner les photos pour que vous ayez un petit aperçu de la richesse de tout ce mobilier.

Je vous donne donc rendez-vous à un peu plus tard .......

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10 mars 2010

LE MEUBLE PROVENCAL : Dans une autre vie, si j'avais été un homme, j'aurais été menuisier ... !!!

Attirée par tous les travaux manuels en général,

j'affectionne particulièrement le travail du bois et j'ai toujours été attirée par les beaux meubles

et je précise : les meubles anciens et régionaux, les meubles de mes aïeux.

Où sont passés nos bons vieux meubles ??? Si je pouvais me laisser aller à mes rêves : je serais propriétaire d'un mas sur notre terroir, ici en Haute Provence, où de pièce en pièce, on découvrirait les chambres à coucher de mes grand-mères, la vieille horloge de mon grand-père, ou les chaises qui restent le symbole de notre pays, de notre héritage, en définitive, les meubles de notre généalogie. Le coffre qui était autrefois le cadeau de mariage.......puis les belles armoires en noyer aux décors abondants : rameaux d'oliviers, richement sculptés, les buffets et les commodes aux courbes subtiles.

Une malle ! mais oui,  je me rappelle très bien d'une malle identique à celle-ci, une grosse malle comme ma malle aux tresors, qui était cerclée de cuir. Au fait qu'est-elle devenue cette malle ? Un de ces jours, il faut que je monte au grenier ...... Quand j'étais enfant, j'avais une dizaine d'années, nous avions recceuilli, à la maison un grand oncle, célibataire,  (le frère de mon grand-père maternel) qui toute sa vie a été berger dans la Vallée du Jabron : L'oncle Gabriel : un petit homme sec, ridé par les années, toujours vêtu d'un pantalon de velours, une chemise à carreaux et sa taïole de flanelle grise autour des reins. De belles vacantes et son chapeau de berger. A la fin de ses jours, il est venu quelques temps à la maison. Il est arrivé avec un seul meuble en sa possession : sa malle qui l'a suivi toute sa vie au cours de ses "transhumances" et un beau jour il nous a quitté. Il avait plus de 90 ans. Je le vois encore assis sur sa chaise, au coin du poêle. Il était gourmand. Il adorait la crème de marron.... (peut-être qu'avant, il n'avait pas eu trop l'occasion de se payer ce petit plaisir). Il me donnait une pièce qu'il prenait dans sa bourse pour que j'aille lui en acheter une boite à l'épicerie du coin.. La bourse, je vais vous la montrer car ma maman me l'a donnée récemment. (hélas, elle n'était pas pleine de billets... A l'époque, c'était encore des francs maisc'est sûr qu'elle aurait pu en contenir une bonne liasse, vu ses dimensions !)

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Une bourse authentique dans une malle toute authentique :

seul bien d'un berger de Haute-Provence.

 

Je me suis laissée aller à cette petite confidence, un souvenir bien présent que je vous fais partager, mais renvenons en à nos "moutons" : le sujet dont je voulais vous parler aujourd'hui : les meubles.

 

Qui sont les Menuisiers et ébénistes ?

Qu'est-ce qu'une estampille ?

MENUISIERS ET EBENISTES

La fabrication du meuble devient à partir du xIIIe siècle l'apanage d'une organisation corporative. Des charpentiers auxquels est réservé le travail et la transformation du bois, des huchiers qui produisent des caisses et des coffres puis les menuisiers.

LA CORPORATION :

Cette organisation corporative, qui donne naissance à plusieurs branches de plus en plus spécialisées, bénéficie d'un privilège dont l'accès est sévèrement réglementé. Un long apprentissage, le respect de techniques précises soigneusement décrites, l'emploi de matériaux bien définis, la réalisation d'un chef-d'oeuvre, preuve des capacités techniques de l'aspirant... Les jurys sont trés sévères.

A partir du XVIIe siècle la corporation se divise en deux branches : les menuisiers en bois et les menuisiers en ébène ou ébénistes. Les premiers fabriquent des meubles en bois massif dit aussi "en bois naturel" et quelquefois les bâtis des meubles en bois de placage. Aux seconds est réservée l'exécution des meubles en bois de placage ou en marqueterie. Cette distinction est abolie à la Révolution, conséquence directe de la supression des corporations. Au XIXème siècle la réactivation des sociétés compagnonniques (sociétés ouvrières à ne pas confondre avec les corporations, sociétés d'artisans) a pour résultat de maintenir la qualité des techniques et le goût pour le bel ouvrage, malgré l'industrialisation croissante de la fabrication du meuble.

 

Les menuisiers et ébénistes ne sont pas les seules corporations à participer à l'histoire du meuble : vernisseurs, doreurs, sculpteurs, bronziers, tapissiers, serruriers et mécaniciens, gainiers et tabletiers sont autant de corporations annexes, jalouses de leurs privilèges, qui jouent un rôle particulier actif aux XVIIe et XVIIIe siècles. Si leur place est importante à Paris ou encore dans quelques grands centres provinciaux, précisons que la division du travail s'amenuise ou disparaît dans les petits ateliers polyvalents des villes de province ou des gros bourgs.

 

L'ESTAMPILLE

 

 

Concrétisation de l'appartenance à la corporation, l'obligation d'estampiller les ouvrages apparaît aux alentours de 1730, instituée - avec les dérogations d'usage - en 1743 légalisée en 1751 par un édit royal. Marque, signature de l'artisan, l'estampille, poinçon de métal gravé en relief, est frappée dans le bois des sièges et des meubles à des emplacements discrets : sous l'emplacement d'un marbre, sur le bord d'un tiroir, sur une traverse, sur le bâti, etc ... Elle indique le nom de l'artisan, souvent accompagné des initiales de son ou ses prénons pour le distinguer, car il existe de véritables dynasties de menuisiers-ébénistes qui exercent sur plusieurs dizaines d'années. Elle est souvent accompagnée de trois lettres JME, maque de contrôle de la Jurande (bureau de plusieurs jurés nommés par la corporation) des menuisiers ébénistes, d'où les lettres JME, marque qui donne lieu au versement d'une taxe, à laquelle bien des menuisiers et ébénistes tentent d'échapper. Un meuble peut comporter plusieurs estampilles : celle du menuiser, mais aussi celle du sculpteur, du marqueteur, du bronzier etc ... voire celle du marchand-mercier, intermédiaire qui passe commande à divers ateliers. L'usage de l'estampille survit à l'abollition des corporations et reste en vigueur au XIXe siècle. Il faut éviter de confondre la ou les estampilles avec les marques de châteaux, de collections, d'inventaires ou de garde-meubles.

 

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De même que certains amateurs attachent plus d'importance à la signature d'un tableau qu'à ses qualités esthétiques, des collectionneurs de meubles préfèrent acquérir des meubles estampillés. Ainsi qu'à qualité égale, un meuble marqué cote plus qu'une pièce anonyme. L'observation de ce phénomène a conduit quelques truqueurs à estampiller certaines pièces, à l'origine vierges de toute marque. Aussi convient-il de ne pas attacher trop d'importance à la présence d'une estampille sur un meuble qui ne présente pas un très long pédigree. Mieux vaut considérer ses qualités intrinsèques.

 

DU STYLE ET DES STYLES

L'art du meuble appartient au domaine des arts décoratifs :

l'architecture, la peinture et la sculpture.

 

La forme des meubles naît de l'imagination des  dessinateurs et le décor de celle des peintres. Ces idées sont filtrées par les ornemanistes, les décorateurs et les ensembliers puis concrétisées par les menuisiers et les ébénistes. Ceux ci-apportent leur technique et leur savoir faire.

La définition du Style :

Le style des meubles et des objets est l'ensemble des caractéristiques d'une époque déterminée. Il s'exprime par la nature des matériaux, la forme des structures et le détail des éléments décoratifs. Reflet d'une époque, des modes successives, le style a une durée de vie variable qui dépend des conditions politiques et économiques.

Pour des raisons pratiques, les historiens ont divisé l'histoire du mobilier en périodes bien déterminées qui correspondent aux grands mouvements, aux grands styles.

Le "gothique" et la Renaissance.

L'adjectif gothique correspond pour le mobilier à la période qui s'étend du XIIe siècle au XVe siècle. Que ce soit dans leur structure ou dans leur décor, les meubles de cette époque évoquent les cathédrales avec leurs arcs brisés, l'arc-boutant et la voûte sur croisée d'ogive.

Entre le XVe siècle et le XVIIe siècle, la Renaissance se caractérise par le retour à l'antique ; le mouvement français :  meubles de grandes dimensions, abondamment sculptés.

 

Louis XIII, L'art du meuble subit les influences étangères :

Celle de L'italie : par l'intermédiaire des artistes et des goûts introduits en France par Marie de Médicis, mais aussi  de la Hollande et de l'Espagne. Les grands ornemanistes de l'époque ont pour nom Gobert et Anguier.

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Charles le Brun au service de Louis XIV :

Le style Louis XIV est dominé par la personnalité de Charles Lle Brun (1619-1690) , Directeur de la manufacture royale des Gobelins et de l'Académie de peinture et de sulpture. Du côté des artisans menuisiers et ébénistes, à noter la domination d'André Charles (1642-1734). Il fut l'utilisateur prestigieux du fameux procédé de marqueterie de cuivre et d'écaille au décor de grotesques et d'arabesques et l'un des premiers à employer les bronzes ciselés et dorés dans le mobilier.

Charles GRESSENT, ébéniste du Régent.

Parmi les architectes  qui contribuent à la formation du style Régence figure, entre-autres, Charles CRESSENT (1685-1763), ébéniste du Régent et de la famille d'Orléans.  C'est à lui que l'on doit la commode au nouveau profil "en arbalète" plus élégant, plus léger que les lourds modèles dits "tombeau".

Le Style Louis XV ou Pompadour :

C'est sous le règne de Louis XV que l'art du mobilier français atteint son apogée et les familles d'ébénistes en activité, à ce moment de l'histoire, comptent parmi les plus célèbres.

Le Style Marie-Antoinette et Georges Jacob.

 

 

Le Style Louis XVI, qu'il serait plus juste d'appeler Marie-Antoinette, est dominé par le néo-classicisme du peinture Louis DAVID., qui dans le domaine des arts décoratifs, traversera les régimes et donnera encore le ton sous l'Empire.

L'Empire, c'est Percier et Fontaine.

Charles PERCIER (1764-1838) et son associé Pierre François Léonard FONTAINE (1762-1853) sont considérés comme les principaux inspirateurs du tyle Empire. Travaillant l'aménagement de la Malmaison, du Louvre, de Fontainebleau, de Rembouillet et de Compiègne, ils imposent un syle inspiré de l'antique, style qui sera illustré une fois encore par la famille Jacob.

 

Le Style "à la cathédrale".

On retrouvera les fournisseurs de la Restauration et de l'influente duchesse de Berry qui mettra à la mode, sous l'infuence du romantisme, le mobilier néo-gothique, dit "à la cathédrale". Ce mouvement sera repris et amplifié sous le Second Empire par les travaux de Prosper Mérimée et Viollet le-Duc.

Copies et pastiches.

Sous le Second Empire le style est marqué par l'influence de l'Impératrice Eugénie grande admiratrice de Marie-Antoinette et du XVIIIe siècle. C'est aussi à travers l'influence du néogothique, le culte du Moyen Age, de ses clochetons, de ses animaux fantastiques. On assiste avec l'usage du capiton, des tentures et de la tapisserie, au triomphe des tapissiers.

On exécute des copies ou des pastiches des siècles précédents, mais aussi des créations typiquement Napoléon III - les meubles peints ou laqués noir à décor de fleurs polycrhomes et incrustations. A ce moment apparaissent les premières manifestations du style Art Nouveau aux lignes courbes et aux décors naturalistes, qualifié de "nouille" par dérision.

L'Ecole de Nancy :

Les architectes et dessinateurs de l'Ecole de Nancy  sont à l'origine d'ensemble cohérents et complets qui marquent une époque, qui sera de courte durée en raison du déclanchement du premier conflit mondial.

Les Arts décoratifs et industriels :

Si le mouvement Art Déco réagit contre les abus du style 1900, il a ses propres sources aussi diverses que nombreuses : le fauvisme, le cubisme, les théories d'architectes comme Auguste PERRET auteur du Théâtre des Champs Elysées ou le Belge Van de Velde. A la pointe de la mode, par leur état, les grands couturiers .... Les grands créateurs de meuble sont nombreux. Point d'orgue de ce mouvement l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels se déroule d'Avril à octobre 1925 sur l'esplanade des Invalides et le long des quais de la Seine. Grâce à cette manifestation, le Style Art Déco s'impose rapidement et largement.

Avec le mouvement "fonctionnaliste" animé, entre autres, par l'architecte Le Corbusier, .... s'accentue le rejet du décor, de l'inutile. Une tendance qui se maintient après la seconde Guerre mondiale, dans les années 50 et avec les créations des designers italiens ou scandinaves.

 

En bref, je vous ai fait une brève chronologie des styles, pour en arriver à ce que que je voulais vous dire en conclusion :

Adieu nos beaux meubles !!!

aujourd'hui, peut-on encore parler de Style ?????

Tout un savoir faire qui se perd.....!!!

 

Bon, venons-en aux meubles et aux styles régionaux. Je sais qu'il n'y avait pas d'homogénéité. je sais qu'il y avait des différences entres les classes sociales d'une même unité géographique, ou dans les particularismes qui variaient d'un canton à l'autre. Il y avait de grandes différences  entre les meubles des nobles ou de la  bourgeoisie, et les meubles populaires ou paysans.

Les différences de climat, d'essences de bois disponibles, économiques, culturelles  expliquent et justifient la grande variété des mobiliers régionaux.

Le meuble n'apparaît dans les classes les plus pauvres que lorsqu'elles sortent du dénuement pour commencer à épargner. A quoi aurait servi l'armoire, s'il n'y avait pas de linge, de bijoux ou d'armes à "serrer" ? A quoi aurait servi le coffre s'il n'y avait pas de grain ou de sel à stocker et à protéger ? le meuble régional naît au XVIIe siècle, se répand au XVIIIe  et se généralise au XIXe siècle.

D'une construction simple,  il en en général en bois naturel avec parfois des incrustations. La diffusion des modèles se fait parfois par des colporteurs qui vendaient aux menuisiers locaux des planches de modèles gravées pafois par des ornemanistes de renon ..... ou disparus depuis plusieurs années.

Enfin les artisans utilisaient et gardaient par habitude et par économie, durant un laps de temps généralement long leurs gabarits et modèles de meubles.

 

Une anecdote à ce sujet :  ... si je vous disais que je travaille depuis plusieurs années dans une entreprise de Menuiserie .... peinture ...... Lorsque nous avons acheté notre maison et que j'ai voulu faire ma cuisine, il me fallait une poutre pour ma hotte et j'ai voulu fixer des petites poutres apparentes au plafond. Et bien si vous allez chez un marchand de matériaux vous allez trouver des poutres qui viennent juste d'être débitées, du bois qui n'a pas vieilli. Mon patron à l'époque est allé me chercher derrière la menuiserie de vieilles poutres en chêne, bien sèches. Il m'a assurée qu'elle ne bougeraient pas. Et bien effectivement, il n'a pas eu tord. Depuis une trentaine d'années elles n'ont pas bougé. Là est toute la différence ..... j'ai pu me rendre compte dans d'autres intérieurs là où des poutres industrielles ont été posées. Elles ont toutes bougé sans exeption. Certaines même ont dû être changées ou rescellées.

 

La classification des meubles régionaux s'établie autour de deux grands mouvements : Celui ou triomphe la ligne droite et celui où la courbe et la sinuosité s'imposent. Le premier, qualifié de Louis XIII populaire est caractérisé par une composition architecturale : meubles en forme d'édifices à fronton, à colonnes en bois tourné, aux panneaux sculptés de motifs géométriques simples ou plus complexes, en vigueur dans le Sud-OUest, en Alsace, en Auvergne et en Bretagne notamment. Le second appelé le Louis XV populaire, est marqué par des courbes, des contrecourbes, des moulures sinueuses. Il est adopté en Provence et en Normandie entre autres.

Le répertoire décoratif appartient aux deux grands mouvements, géométrique ou naturaliste, le second l'emporte avec les symboles rustiques, d'amour et de prospérité (gerbes de blé, vignes, fleurs des champs, oiseaux roucoulant, coeurs ...). Dans certaines provinces fortement marquées par le Christianisme ( Bretagne, vendée ou Alsace) les symboles religieux sont également trés fréquents.

Ce sont ces meubles régionaux que j'affectionne particulièrement. Mais malheureusement, je n'en possède aucun, car ce n'est pas moi qui aie eu l'héritage de mes grands-parents, et financièrement je ne peux me permettre d'en acheter. Je me contente donc de les admirer.... A titre d'indication : Une pannetière provençale en noyer est vendue chez un brocanteur 1450 Euros. Mais je peux toujours rêver.... un jour viendra peut-être !!!!!!

 

Les meubles anciens : Une valeur refuge.

Les meubles anciens partagent avec les tapis, l'argenterie et les objets d'ameublement, une supériorité sur toutes les autres antiquités : leur valeur refuge. Et contrairement à la plupart des meubles contemporains, difficilement vendables en deuxième ou troisième main, ils possèdent l'avantage de constituer une valeur refuge. C'est pourquoi leur succès auprès des amateurs ne s'est jamais démenti.

EXPERTISES :

Rappelons que pour obtenir une identification plus précise sur 'lauthenticité ou l'époque d'un meuble ou peut avoir recours à l'expertise.

- L'expert pourra alors déterminer, en fonction des détails techniques, qui auraient pu échapper à l'amateur, des matériaux utilisés et de leur mise en oeuvre, une estimation plus affinée du meuble ou du siège.

- Les experts interviennent dans le cas d'expertise judiciaire, dans le cas de succession partage ou simplement pour le particulier à l'occasion d'une vente ou lorsqu'il y a litige.

- Les experts en ameublement et objets d'art sont souvent spécialisés dans une époque.

 

Source : le Guide du Meuble Ancien 2ème Edition Mai 1985

 

 

LE MOBILIER PROVENCAL

Num_riser0005Le mobilier provençal se reconnaît très facilement par le mouvement voluptueux et généreux de ses lignes et détails décoratifs. Les dossiers incurvés et les devants galbés sont savamment sculptés et incrustés de bois précieux comme le mûrier, le noyer, le cerisier, le poirier et le saule. Les meubles de grande taille étaient souvent confectionnés pour des occasions spéciales. Les imposantes armoires faisaient fréquemment partie de la dote d'une future épouse, et représentaient des dates, initiales et motifs sculptés, notamment des coeurs entrelacés et des colombes en signe d'amour, des gerbes de blé en signe de prospérité, de la vigne en signe de longévité et des rameaux d'olivier en signe d'abondance. les moulurs des portes et des côtés confèrent à ce meubles un joli mouvement. la Provence recèle enfin quelques types de meubles trés caractéristiques, comme la fameuse panetière ou la chaise en paille tréssée.

Les sièges : On trouve en Provence beaucoup de chaises de fabrication récente, car les anciennes sont souvent trop fragiles pour être utilisées. les sièges se faisaient traditionnellement à partir de plusieurs bois : du mûrier -résistant à la vermoulure et suffisamment dur pour être sculpté - pour les accoudoirs, les pieds et les bâtons ; et du hêtre plus souple - pour les dossiers. La traditionnelle banquette à trois places, ou radassié (de radasse, femme de petite vertu), trône généralement devant le foyer, flanquée de profonds fauteuils à haut dossier. Les plus grands d'entre eux sont les fauteuils "à la bonne femme", traditionnellement destinés aux femmes âgées.

Les chaises en paille : classiques et polyvalentes. Elles ne sont pas d'un grand confort, en particulier celle au dossier droit, qui portent encore souvent la marque des clous que l'on utilisait pour y fixer des assises en crin de cheval.

La paille, la plupart du temps de couleur naturelle était parfois agrémentée d'un motif coloré.

Agrémentées de dossiers incurvés et de coussins, ces chaises sont beaucoup plus confortables. Les chaises de nourrice, également placées près de l'âtre, présentaient un haut dossier pour assurer un meilleur maintien, une assise basse pour étendre les jambes et des accoudoirs pour soutenir le bras de la mère qui allaitait. Dans les cuisines, on trouvait une chaise basse sans accoudoirs. Elle servait aux personnes qui travaillaient assises et avaient besoin d'espace pour leur broderie, vannerie et autres ouvrages.

Parmi ces meubles provençaux également : la commode et le buffet, tous deux presque invariablement sculptés. Certains reposent sur des pieds incurvés se terminant par des extrémités enroulées ou sculptés, appelés escargots.

Pétrins et Pannetières : la pannetière est un petit dressoir ouvragé dont la  porte en claire-voie est décourée de barreaux façonnés. Elle se ferme à l'aide de charnières et d'une lourde clé. Destinée à conserver le pain, elle était suspendue au mur pour le préserver des rongeurs, la claire-voie permettant de l'aérer. la grosse serrure, quant à elle, repoussait les éventuels voleurs.

Derrière la panetière se tenait le pétrin, un meuble de bois fermé et décoré où l'on faisait lever la pâte. Souvent, ces deux meubles étaient fabriqués en paires par le même ébéniste ....

Deux boîtes en bois sur pieds, que l'on trouve couramment dans les cuisines sont également typiquement provençales. L'une, avec un couvercle incliné et un petit tiroir en bas, est la salière où, comme son nom l'indique, on conservait le gros sel ; dans le tiroir, on rangeait les épices. L'autre est la farinière, où l'on entreposait la farine. Lorsqu'on posait cette boîte à plat, la porte coulissante s'ouvrait, permettant ainsi à la cuisinière de fariner plus aisément son poisson ; c'est pour cette raison que les farinières sont souvent décorées d'un poisson sculpté. Les tables trés simples étaient pourvues de pieds fuselés ou d'un panneau ondulé qui cachait les tiroirs à argenterie et reposait sur de gracieux pieds galbés terminés en pieds de biche. Les modèles plus tardifs sont parfois munis de rallonges ou d'un double dessus de table, qui pivote et s'ouvre pour former une table plus grande. La plupart des ces meubles provençaux, en particulier les armoires, étaient ornés de magnifiques ferrures chantournées, placées autour des serrures par souci de décoration autant de sécurité. Certaines ferrures étaient de qualité telle qu'elles ont survécu aux meubles qu'elles ornaient à l'origine, malgré les assauts du temps.

Source : Art de vivre et artisanat Provence de chez Aubanel

Meubles récents - Anné 1972 : reproduction bois Koari (noyer d'Afrique)

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Autre style, bois de commode en chêne

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Pour terminer cet aticle sur les meubles, ci-dessous, photos d'une exposition que j'avais réalisée il y a quelques temps déjà sur les métiers anciens et le menuisier en faisait partie.

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