J'ai créé cette catégorie suite l'exposition qui s'est tenue dans la salle voûté de la Ferme de Font-Robert à Château-Arnoux au mois de Février 2012. Partenariat : Association du Patrimoine/ Archives départementales.
20 mai 2013

L'OUVROIR .... Et si nous parlions un peu du coin couture de nos grand-mères ! Quel fil employait-elles ???

Après une semaine très arrosée.. encore un dimanche pluvieux, impossible de se rendre au marché aux fleurs et à toutes les manifestations extérieures, tout comme la fête du printemps des Parrines qui ont été annulées. C'est donc à la brocante des Mées que je me suis rendue puisqu'elle se tenait à l'intérieur de la Salle des Fêtes.

A mon grand plaisir, J'y ai fait quelques trouvailles :

Qui se rappelle du : "CABLE AU LOUIS D'OR 6 FILS". ,

WALLAERT FRERES,LILLE-PARIS

Dépôt à Paris, 64, Boulevard Sébastopol

qui ont obtenu deux grands prix à l'exposition Universelle de 1900 dont la médaille d'Or.

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J'y ai trouvé trois bobines non entamées dans leur boîte d'origine de fil de lin N° 24.

Un fil, comme on n'en trouve plus aujourd'hui, très solide, un fil qu'employaient nos grand-mères pour la confection de leur trousseau et qui servait également aux premières machines à coudre, un fil idéal pour monter les plis canons d'une jupe de paysanne. Et tiens, je vous pose une petite devinette. Qui saurait me dire combien de mètres de fil contiennent ces bobines ???????

 

cablé ou Loui d'Or


25 février 2012

"LA FRANCAISE DE 1914-1915" et "LA NOVICE"

La Santé est l'un des domaines privilégiés où exercent habituellement les femmes qui, grâce à leurs qualités "naturelles", telles la douceur, la générosité, la compassion, demeurent auprès des malades en tant que soignantes.

 

Une prise de voile laïque en temps de guerre.

FEMMES BAS ALPINES AU TRAVAIL 3 040L'hebdomadaire publié chaque samedi, et très largement lu par les Français, exalte les vertus féminines : "Nos femmes, nos filles, nos enfants, se disputèrent l'honneur de travailler pour les blessés". Le thème est traité, mais finalement assez peu, par des cartes postales, l'une d'elles souligne que : "C'est un peu du foyer que trouve à l'ambulance le glorieux blessé qui souffre pour la France", en remprésentant une jeune (et jolie) infirmière.

 

La Sainte Religieuse

 

LA SAINTE RELIGIEUSE

Claudine Pichon, en religion Soeur Mathilde, reçoit en 1894, la médaille d'honneur en bronze des épidémies "en récompense de son dévouement lors des épidémies diverses qui ont sévi dans cet établissement", en l'occurence l'hospice de Forcalquier où elle y est "infirmière". Déjà âgée , elle a 74 ans - c'est une "sainte" qui "ne se lasse pas de faire la charité", auprès des vieux et des indigents de Forcalquier, depuis plus de 35 ans, ou auprès des soldats, comme en 1870 malgré une épidémie de variole. Cette femme est si exceptionnelle qu'un rapport souligne toutefois que "sous un extérieur simple et modeste, la jeune garde malade cachait des vertus mâles et rigoureuses" à son arrivée à l'hospice de Forcalquier, "le plus pauvre de France". Le rédacteur décrit une femme "luttant contre la fatigue et le sommeil", excerçant plusieurs missions soins, lessive, femme de peine, à des fins d'économie. En 1870, un militaire trahit seur Marthilde auprès de sa supérieure, en l'informant "que depuis trente-deux jours, elle ne s'était pas couchée". La décoration récompense une femme à la retraite, infirme, usée, affaiblie, que les habitants de la région appellent "la bonne soeur Mathilde".

 

 

la croix rouge

 

LA SAINTE LAIQUE

Née à Thorame-Haute, le 6 septembre 1860, décédée le 28 février 1934 à Annot, Maria Joséphine Pons est institutride à Annot depuis 30 ans - elle a débuté sa carrière à Larche le 11 mai 1880 - lorsqu'elle reçoit la médaille des épidémies en 1916. C'est une femme déjà récompensée : titulaire de la médaille de bronze des Instituteurs en 1907, Officier d'Académie en 1910. Sa carrière est riche et son implication locale est profonde. En 1913, elle est l'une des trois institurices récompensées, en France du prix Huiard, décerné à celles qui se sont particulièrement distinguées en enseignant l'hygiène alimentaire dans les écoles et les classes d'adultes ayant "organisé un cours de  puériculture et de pesée des nourissons".

Comme soeur Mathilde, Joséphine Pons s'est exclusivement consacrée au service de ses contemporains. Demeurée célibataire, elle réserve ses qualités maternelles à ses élèves qui l'appellent "Mère".

Une plainte de mars 1897, évoque les excès dont serait coutumière Melle Pons. Le contexte est alors tendu entre les instituteurs d'Annot et son collègue Chaussegros avec qui elle a eu quelques différents. Ces difficultés ont pour fond la question de l'école et sa "laïcisation". L'inspecteur  en 1905, relève d'ailleurs que "Melle Pons, elle-même est une fervente, - c'est son droit abolsu" ajoute t-il en relevant sa "neutralité".

Durant la guerre de 1914-1918, Melle Pons mène de nouvelles activités en faveur de ses contemporains, en particulier dans le cadre de la croix rouge.

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Salle d'opération de l'hôpital Charles Romieu (1930)

Groupe de personnes composé de six religieuses, et (de gauche à droite), le doceur Julien Romieu, le docteur Auguste Gassend, le docteur Dalmas et son fils le docteur Pierre Dalmas.

 

Les religieuses soignent non seulement les corps mais aussi les âmes. Au XIXème siècle encore, elles restent des auxiliaires des médecins, véritables saintes animées par le service des humbles. Ce modèle tend cependant à s'estomper au fil des années, devant les progrès de la médecine, de la sécuralisation de la société et, singulièrement de l'hôpital...

La Croix-Rouge, fondée en France en 1864, même si l'idéal chrétien y préside, s'appuie sur des compétences techniques et scientifique, celles, évidemment, du personnel médical, mais aussi des membres de la société civile, prêts à s'organiser et à suivre des formations médicales pour remplir ses desseins. La première guerre mondiale joue un rôle d'accélérateur du processus : en 1918, la figure de l'infirmière s'est imposée.

Melle Pons, insitutrice à Annot, représente cette transition. Laïque mais proche à bien des égards de la religieuse, décorée de la médaille des épidémies, Melle Pons marque cette entrée dans la voie du "progrès".

 la Française de 1914

La Française  de 1914-1915

D'après un pastel de DAGNAN-BOUVERET

 

Photos et documents d'après l'Expo à la Salle voûtée de Font-Robert à Château-Arnoux. Février 2012

Source Les Archives départementales

24 février 2012

LES NOURRICES DANS LES BASSES-ALPES ....

Au XIXème siècle, toutes les couches de la population sont amenées à placer leurs  enfants : les femmes qui ne peuvent plus les nourrir, mais aussi les parents dont l'activité professionnelle ne leur permets pas de les élever, ou encore parce que l'on estime que la vie leur serait plus saine au grand air, tandis que sont bien sûr placés les "enfants trouvés", fréquemment mis en nourrice par l'intermédiaire d'une sorte de correspondante locale des hospices appelées la "meneuse".

Ci-dessous photos de Nourrices au sein et enfants au Clos Saint-Ursule à Sisteron, début XXème siècle

Nourrices au sein

 En exclusivité, suite à ce message et la photo des deux nourrices, ci-dessus,  j'ai reçu un message que je vous retransmets :

......"J'ai lu avec intérêt votre blog et je voudrais apporter quelques précisions aux illustrations concernant les nourrices. Ces photos de ma famille font partie du fond photographique de Saint Marcel Eysseric (1831-1915) (notable Sisteronnais, photographe, historiographe régionaliste, collectionneur, etc). Ces photos (près de 1600) ont récemment été transmises aux archives départementales et un certain nombre doivent faire partie d'une exposition à partir de septembre prochain aux Archives. Le Clos Ste Ursule à Sisteron, couvent jusqu'à la révolution, fut ensuite pendant plusieurs décennies la Sous préfecture de Sisteron. Vers 1860, Saint Marcel Eysseric en fit l'acquisition pour y habiter avec sa famille et y loger ses collections. ... Je peux donc la dater de 1890 ou 1891. La photo d'a coté représente pour moi un des cousins de mon grand père..... sur la photo un peu plus bas, si j'identifie bien l'escalier de Ste Ursule, j'identifie moins bien les personnages. En espérant que ces précisions vous seront utiles Cordialement Jean Marie Giraud

Une loi votée le 23 décembre 1874 (la loi Roussel) témoigne de l'importance accordée par l'Etat à la protection des enfants en bas âge. Le maire de la commune y joue un rôle très important puisque c'est ui qui fournit un certificat à toute femme souhaitant officer comme nourrice, attestant en particulier que son dernier enfant est âgé de sept mois révolus, puisqu'il doit être sevré afin que sa mère puisse alimenter un autre nourrisson. Le maire doit aussi recueillir l'autorisation du mari de la future nourrice, et qu'un médecin doit attester de la bonne santé de sa candidate. Celle-ci reçoit alors un "carnet de nourrice, sevreuse ou gardeuse". qu'elle présente chaque fois que nécessaire au maire, au médecin inspecteur ou à l'inspecteur départemental.

Source Archives départementales

Claire BERNARD est née en 1810 Epouse de Clair Bellon, elle est mère de huit enfants nés entre 1831 et 1853;

Devenue nourrice au sein à Chasteuil, le service des enfants des Hospices de Marseille lui confie trois enfants quelques semaines après leurs naissances, entre 1839  et 1842 : Marie Impaix, Léon Fanthon et Joseph Tivoli. En effet, les enfants trouvés dans les Bouches-du-Rhone sont déplacés vers d'autres départements : on parle alors de "translation".

Marie Impaix est confiée en janvier 1839 et reste pus de quatre ans au domicile de Claire Bernard : elle apparaît dans le recensement de Chasteuil en 1841 au foyer des Bellon sous la dénomination "Marie Impraix : en nourrice - enfant trouvé". Claire Bernard reçoit en contrepartie de son travail 6 francs par mois.

Tous les enfants confiés à Claire Bernard meurent en bas âge tandis qu'elle perd elle-même probablement quatre ou cinq de ses propres enfants. Ces décès prématurés témoignent de la terrible mortalité infantile.

 Rose BRUN est née en juillet 1843. Mariée à Joseph Coulomb, elle est nourrice au sein à Mirabeau et mère de quatre enfants. Un certificat médical délivré en 1878 atteste que son dernier-né a au moins un an et qu'elle est vaccinée. Au cours de son activité, elle garde au moins six enfants. Contrairement à Claire Bernard, ces enfants sont souvent placés par les parents. La majorité d'entre eux restent seulement quelques mois en nourrice, retirés par leurs parents ou décédés prématurément.

La petite Marie Gondran, née en mars 1878 de père inconnu et confiée à Rose Brun par l'intermédiaire de l'hospice de Digne, restera en nourrice puis en garde de 1878 et 1886 année de son décès. Elle apparaît dans le recensement de Mirabeau en 1881 alors âgée de 4 ans, au foyer de Rose Brun et de son mari Joseph Coulomb. "Marie Gondran : Enfant confié à leur soins". (Textes et photos des Archives départementales).

 

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 Clos Saint-Ursule : Fin XIXème siècle (Dame, nourrice et enfant)

Le revenu perçu par les nourrices permet d'améliorer l'ordinaire de ces couples d'agriculteurs ou d'artisans.

 La rétribution est graduée en fonction de l'âge de l'enfant.                  

A suivre ...

LE TRAVAIL DOMESTIQUE DANS LES BASSES-ALPES

La notion de travail domestique est souvent entendue en tant que travail effectué à la maison, dans le cadre familial, telles les tâches ménagères réalisées en faveur de son propre foyer : lessive, cuisine, ménage... Est évoqué ici la domesticité au sens du travail au service d'une tierce personne, tels les "gens de maison" : bonnes, cuisinières, femmes de chambre, lingères, nourrices, servantes, aides familiales, employées de maison, gouvernantes ... La domesticité est révélatrice du statut de la femme au travail au XIX Siècle

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MARIE BESSON

Domestique chez M. de Villeneuve-Esclapon et Henriette Fresse de Montval, son épousee, Marie Magdelaine BOSSON est sans doute née en 1798, à Moustier. Fille d'Antoine Besson et Marie Achard, elle a trois frères et une soeur, à qui elle lèguera es biens par son testament rédigé en 1861 auprès de Maître Giraud à Valensole. Elle décède le 9 mars 1874 au domicile de Jules de Villeneuve à Valensole âgée de 76 ans.

Marie Besson et recensée comme Domestique au Château de la famille Villeneuve-Esclapon dans le recensement de la population de Valensole de 1836. Elle est alors âgée de 39 ans. Elle apparaît ensuite dans tous les recensements jsuqu'en 1872. Ell reste en effet employée dans la maison de Jules de Villeneuve. Ce dernier vit d'abord avec son père Hélion puis appoaraît seul en 1846 et en 1851, enfin avec sa femme et leurs cinq enfants à partir de 1856;

Marie Besson, seule les premières années, est ensuite aidée par de jeunes femmes embauchées  comme domestiques ou filles de chambre, au moment où Jules de Villeneuve est rejoint par sa femme et ses enfants. Un domestique homme apparâit également sur le recensement de 1861. Au total, Marie Besson reste 38 ans au service de la Famille Villeneuve-Esclapon.

Son histoire et le reflet de la situation classique des domestiques attachées au service quotidien de la noblesse ou de la bourgeoisie du XIXème siècle : une femme demeurée célibataire et ficèle au fil des années à la même famille. Probablement sous l'influence et les conseils de ses "maîtres". Elle a économisé à la fin de sa vie une somme d'argent assez importante pour une simple domestique. En revanche, elle accumule très peu de biens matériels du fait qu'elle vit au domicile de es employaurs : elle est logée, habillée, blanchie et nourrie par la famille De Villeneuve.

femmes au travail 2 011

 

Au XIXème siècle, la domesticité ne fait l'objet d'aucune réglementation du travail, contrairement à la législation qui se met progressivement en place dans le monde ouvrier en faveur des femmes. En effet, les embauches se font par le "bouche à oreille", par connaissance ou recommandation. Aucun contrat de travail ne lit la domestique à son employeur. Ce dernier fixe lui-même les conditions de travail. Ce n'est qu'au XXème siècle que ce métier fait l'objet d'une reconnaissance sociale qu'avec un accès à une protection sociale, suite aux réformes du travail.

Les domestiques se retrouvent essenctiellement dans les recensements de la plopulation des communes sous la dénomination domestqiue ou encore lingère, cuisinière et servente. En effet, ce son tles femmes qui occupent ces emplois de maison, aux hommes appartiennent les fonctions de cocher, voiturier, domestique, valet de chambre et jardinier.

Au XIXème siècle, les domestiques, généralement jeunes et célibataires, sont employées par des familles de la bourgoisie, petite ou moyenne, par des commerçants, quelques cultivateurs, au sein du clergé et dans les collèges et lycées.

Ces jeunes femmes font généralement leur carrière au service de la même famille. le célibat maque la condition de domestique : état transitoire avant le mariage  ou célibat définitif. La domestique est "attachée" à la famille et vit une vie de "servitude", peu compatible avec le mariage.

La domesciticté est alimentée par l'exode rural. Nombreuses sont les jeunes filles issues des campagnes à préférer l'état de domestique, où elles emblent retrouver le confort d'une cellule familliale. La main d'oeuvre dignoise est ainsi fortement alimentée par la population féminine des villages voisins : le Chaffaut, les Dourbes, Bras-D'Asse, Mézel, Courbons, Le Brusquet, Mallemoisson...

Au début du XXème siècle, on observe une baisse sensible de la domesticité. De plus en plus, les jeunes femmes s'orientent vers des emplois de cols blancs ou d'usine. A Digne, il est davantage question d'emplois dans le commerce et l'Administration.

Note des Archives départementales

Expo à la Veille ferme de Château-Arnoux, Février 2012

22 février 2012

LES PAYSANNES DES BASSES-ALPES

Panneau des paysannesLe département très rural que sont les Basses-Apes était constitué au XIXème et au début du XXème siècle d'une poplulation agricole fort importante. les exploitations agricoles à cette époque étaient l'affaire d'une famille et d'un foyer. En effet, l'homme ne travaillait jamais seul à la ferme, mais on constatait une très grande disparité quant à la répartition des tâches et des espaces dans le foyer : à l'homme les labours et la gestion de l'exploitation, à la femme étaient dévolus l'élevage, la basse cour et le potager. La première guerre mondiale et le départ des hommes au front ont transformé, durant un temps au moins, les femmes en chefs d'exploitation. Mais dans les faits, de nombreuses épouses d'agriculteurs ou de cultivateurs étaient agricultrices ou cultivatrices.

(Avez-vous lu le livre "Vie de paysanne" de Gérard Hayart- Edition Horwath. ?) je vous l'avais déjà présenté dans un de mes précédents articles.

Le Monde paysan ou les gens de la terre :

EXPO FEMMES AU TRAVAIL 025

Cette photo me plaît beaucoup: Jupe paysanne à raie -Grand tablier enveloppant, carraco à manches longues, coiffe et chapeau de paille avec ruban de velours, chaussures noires montantes. Costume authentique de la paysanne.

Ci-dessous les paysans foulent le blé :EXPO FEMMES AU TRAVAIL 024

LE MONDE PAYSAN

 

Toutes ces photos anciennes sont sous-verre, et il est très difficle de les prendre en photo car la lumière refflète.

Dommage. Mais je tenais quand même à vous les présenter.

UNE FEMME ET SES CHEVRES

 

Une paysanne qui aparemment est venue vendre ses chèvres

Cette photo est aussi intéressante au niveau du costume. Je remarque que les jupes sont assez longues. Celle-ci est également une jupe de paysanne à raies, un grand tablier à poches. et je remarque le caraco à manches longues à très large basque derrière, de couleur sombre unie.

Ci-dessous des femmes au lavoir :

Femmes au lavoir 19ème siècle

 

Le "Silence" des recensements sur les paysannes.

 

..."L'étude des rencensements de la population d'une commune rurale au XIXème et XXème siècles, de 1836 à 1936, est révélatrice du statut des paysannes de cette époque. Il faut s'intéresser pour ce faire à la colonne "Titres, qualifications, états, professions ou fonctions".

Les cultivatrices qui travaillent avec leur mari sont ainsi recensées en tant que "femme" dans la grande majorité des recensements. En 1836, elles n'apparaissent même pas en tant que leur "femme", seuls les hommes sont donc dotés d'une situation officielle sur les plans social et professionnel. Il n'y a qu'en 1851 que les cultivatrices sont inscrites en tant que "sa femme", même profession".

A partir de 1881, apparaissent dans les recensements deux nouvelles rubriques : la situation par apport au chef de ménage et la profession. Dans cette dernière colonne on observe systématiquement la mention "Néant" quand elle concerne l'épouse du cultivateur. 

Sur ce point de vue, les veuves sont les seules à apparaître puisqu'elles sont recensées en tant que "cultivatrice - chef de ménage". Lors des années 1861 et 1866, la dénomination est d'ailleurs notée au masculin.

La disparité des salaires.

Les rares documents d'archives publiques attestant des conditions de travail des paysannes sont des grilles de salaires qui font apparaître une nette disparité de revenus. A Valensole par exemple, en 1923 le salaire journalier d'un ouvrier agricole est de 12 francs en hiver et de 20 francs en été. Une ouvrière agricole reoit quant à elle 8 francs et 12 francs en été.

La casse des amandes employait uniquement des femmes. A Valensole en 1922, les femmes travaillaient 300 jours par an avec un salaire de 5 francs par jour, soit 1 500 francs par an. C'est le salaire le plus bas du milieu agricole.

14 février 2012

FEMMES BAS-ALPINES AU TRAVAIL

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Comme le savent maintenant tous les visiteurs de mon blog, je suis Saint-Aubanaise de naissance et de coeur et donc bas-Alpine. Je suis la secrétaire adjointe de l'Association du Patrimoine de ma commune, membre de l'Association "Gavoutino", des "Amis de la Chapelle Saint-Jean" et également du "Coumitat dei Felibre bas-aupen" qui a son siège à Châtau-Arnoux, et je cotoie régulièrement les groupes folkloriques "traditionnels" du département. C'est dire, si je suis très attachée à mes racines et passionnée de notre culture et de nos traditions et en particulier du costume et la vie de nos aïeux.

 Vous pensez bien que dès je premier jour de l'exposition annoncée ci-dessus, je n'ai pas perdu de temps et je dois dire que j'ai passé trois bonnes heures à en prendre connaissance. Même si je trouve cette expo très impersonnelle et froide, alors que la Salle voûtée de la ferme est magnifique, je dois vous dire que les photos sont très belles et le travail de recherche intéressant. Je vous incite vivement à venir vous rendre compte par vous même.

Ci-dessous, une vue d'ensemble :

la salle voûtée

 La veille ferme

Les Archives départementales des Alpes de Haute-Provence présentent leur nouvelle exposition "Femmes bas-alpines au travail XIX-XXè siècles". Y sont abordés, par des textes d'archives et des photos le travail des paysannes, des domestiques, des ouvrières, mais aussi les métiers de la petite enfance -sages femmes et nourrices - des infirmières, des institutrices et également, des "Dames" buralistes, et des "Demoiselles" des postes et des Télégraphes en col blanc.

"A savoir : qu'à cette occasion, un livre "Traces de vies" a été réalisé par les Archives départementales. Il reprend non seulement les textes et illustrations présentés dans cette exposition "Femmes bas-alpines au travail", mais aussi ceux de l'exposition "Intinéraires de Bas-Alpins ordinaires". Cet ouvrage de 160 Pages richement illustré est en vente aux Archives départementales au pris de 15 €.

Je regrette qu'il n'y ait pas eu l'idée de faire quelques reconstitutions avec des costumes, cela aurait apporté un peu de couleur et de matière à cette expo. Notre paysanne ci-dessous à gauche est bien tristounette ...!

Pour toutes les personnes qui n'ont pas pu venir voir cette expo, je vais rédiger plusieurs articles, chacun ayant trait à un type de femme suivant les recherches effectuées par les Archives qui étaient mises à la disposition du public sur les grilles ( voir présentation sur la photo ci-dessus). Donc à suivre.