Suite de ma balade à Avignon. Après avoir vu l'exposition de Marie Sylvestre dans la chapelle du Palais du Roure et avoir sympathisé avec les charmantes provençales en habit traditionnel dans la cour, j'ai commencé la visite de cette grande demeure d'Atmosphère.

Un peu d'histoire .... L'Histoire de la demeure commence par l'arrivée en Avignon de deux frères issus d'une famille de banquiers florentins, Pierre et Carle BARONCELLI.

En 1462, Pierre BARRONCELLI épouse Léonarde de Passis, appartenant à la famille des Pazzi, également oringinaires de Florence. Le couple s'installe dans une demeure appelée "La Taverne du Mûrier" qui appartenait au beau-père de Pierre Barroncelli. Ils y résident en tant que locataires jusqu'en 1469, date à laquelle Pierre Barroncelli rachète la demeure.

Voici le porche de l'entrée et son plafond :

IMG_3072

IMG_3074

IMG_3073

 

LA COUR :

A l'origine la cour était plus étroite et on y trouvait un puits. Dans l'angle Nord-Ouest se dressait une tourelle qui logeait l'escalier principal de la maison. Le long de la façade Ouest, les traces d'anciennes arcades sont encore perceptibles. Ces dernières étaient surmontées d'une galerie dont on perçoit également les traces de couverture. Tout cela disparait à la fin du XVIIème siècle pour une entière rénovation de la maison. Ainsi la cour est élargie et le puits détruit. On installe une salle à manger au rez-de-chaussée, un grand escalier d'honneur et au premier étage des ailes Est et Ouest, deux grandes enfilades de salons et d'apparetements qui seront superbement ornés dans le courant du XVIIIème siècle.

Voici la cour, aujourd'hui, photo prise de la Chambre au plafond au 1er Etage :

IMG_3071

L'ESCALIER D'HONNEUR :

Parmi les travaux de remaniement qui transformèrent la maison à la fin du XVIIIème siècle, la pièce maîtresse est sans conteste le grand escalier.Comme dans toutes les grandes demeures de l'époque, il ne conduit qu'au premier étage, "l'étage noble", réservé au maître de maison et à a ses invités ; la domesticité était logée au second. Cet important volume est surmonté d'une galerie de musique. Ici sont exposées des huiles du peintre Belge Henry de Groux, dont son célèbre Christ aux outrages, et une série consacrée à l'Enfet de Dante. On remarquera également la maquette d'Ugolin de J.B. Carpeaux.

Dans l'escalier, J'ai fixé mon objectif sur cette toile qui me plaît particulièrement .....

"Le marché de la Place Pie" par Clément Brun

IMG_3058

 

L'ANTICHAMBRE :

Le mobilier contenu dans cette pièce, y compris le miroir, provient du salon du château de Fontségugne. C'est dans cette demeure de Châteauneuf de Cadagne que, le 21 MAI 1854, Frédéric Mistral at ses amis écrivains fondèrent le Félibrige. une porte donne accès à l'escalier de service. En exposition une statue de Saint-Roch (XVIIIème siècle) le portrait de Rose Bordas par Pierre Grivolas, et la vue du pont St Benezet par Camille Dufour (v. 1902).

LE SALON

 

IMG_3060

Le salon est meublé en style provençal du XVIIIeme siècle. A remarquer, un coffre à dentelle posé sur la commode. On y trouve un beau portrait de Frédéric Mistral, peint en 1806 par Paul Saïn. Au dessus, un portrait de jeanne de Flandreysy peint par Léo Lelée. A droite et à gauche, deux portraits en pied du couple Semenow, des aristocrates russes qui adoraient la région d'Avingnon, peints par Pierre Grivolas. le couple fit construire le "Château des Chênes Verts" dans lequel ils conviaient leurs amis comme Frédéric Mistral, Paul Arène, Alphonse Daudet et pierre Grivolas dans le cadre de petites soirées de culture provençale.

IMG_3061

 

 

LA SALLE A MANGER 

IMG_3059

 

 Cette pièce est essentiellement meublée avec un mobilier provençal du XVIIIème siècle : on y trouve un très beau buffet à deux corps ainsi qu'un meuble fixé au mur, appelée "panetière", particulier à la Provence et servant à conserver le pain.

IMG_3062

IMG_3063

  

 

LE BOUDOIR

Le Boudoir est une pièce consacrée à la femme qui racheta la demeure en 1918, Jeanne de Flandreysy. De son vrai nom Jeanne Mellier, elle est la fille d'Etienne Mellier, personnage éminent de la ville et très estimé de ses contemporains. Elle se montre digne de son père, avec un talent d'écrivain qu'elle exerce en publiant dans des journaux de Valence avant de devenir journaliste littéraire pour le Figaro de 1904 à 1910. Entre-temps elle fait la connaissance d'un certain nombre d'écrivains provençaux, parmi eux Frédéric Mistral et Folco de Baroncelli. Au contact de ces deux personnages, grands défenseurs de leur culture, Jeanne de Flandreysy se prend de passion pour la culture provençale. Elle accumule une énorme quantité de documents, d'objets ethnographiques et de souvenirs. Lorsqu'en 1918, le Plais du Roure est à endre, elle essaie de rassembler les fonds nécessaires et s'associe à Jule Charles-Roux, un grand mécène marseillais ; mais ce dernier décède. Le projet est finalement réalisé grâce à son père qui avance la somme nécessaire, Jeanne de Flandreysy s'installe et entame un énorme programme de restauration. Au fur et à mesure, elle peut jeter les bases de ce qui deviendra le "Centre de Culture Méditéranéenne du Palais du Roure". L'origninalité de cette femme reste aussi sa grande collection de cloches répartie dans toute la demeure et se chiffrant à 175 pièces. En 1944, jeanne de Flandreysy lègue sa fondation à la Ville d'Avignon. Elle décèdera en 1959 à l'âge de 85 ans.

 

IMG_3066

 

 

LA CHAMBRE A PLAFOND :

La"chambre au plafond" est une des rares pièces ayant conservé son volume original. On peut y admirer son très beau plafond à caissons, posé vers la fin du XVème siècle. Le mobilier de la pièce n'est pas d'origine, mais on y trouve un meuble ayant appartenu aux Baroncelli : leur Cathèdre. Il s'agit d'un siège d'apparat fabriqué lorsqu'ils furent anoblis par le Pape LéonX en 1514 et obtinrent le titre de Seigneurs de Javon.

 

IMG_3070

 Le Cathèdre (dommage un peu flou)

La pièce est également décorée de nombreux portraits de la Famille Baroncelli et de ses alliés par le mariage, dont Julien Della Rovere, Légat d'Avignon qui devint Pape sous le nom de Jules II. La famille Baroncelli conservera la maison pendant cinq siècles, jusqu'à sa vente en 1908. En sortant de la pièce, l'arbre généalogique est à découvrir.

IMG_3068

IMG_3067

 

 

L'ESCALIER A VIS

Seul escalier d'origine (XIème siècle) conservé dans la maison, ses marches présentent l'usure caractéristique d'un usage prolongé. outre les deux étages principaux, il dessert plusieurs petites pièces en entresol et en terrasse. Comme dans la cour, un certains nombre de cloches de la collection de Jeanne de Flandreysy y sont exposées.

 

Ainsi se termine ma visite du Palais du Roure, mais trois autres messages en prévision sur : 

- Jeanne de Flandreysy

- l'histoire de sa passion

- l'exposition qui se tient actuellement au Palais du Roure sur Henri FABRE (Félibre et Savant)

 

A suivre donc ....... Bonne journée ensoleillée à vous tous.