27 juin 2013

PROVENCE TV ???? Vous connaissez ??? (Vous trouvez le lien dans ma colonne de droite).

Je pense que oui, car je vous en ai déjà parlé à plusieurs reprises.

PROVENCE TV : ce sont des films sur la Provence.

PROVENCE TV, c'est Jean-Paul et Elise CHAUFFERT, un couple fort dynamique que j'ai eu la chance de rencontrer et avec qui j'ai sympathisé. Jean-Paul, comme vous pouvez le lire dans l'article de presse ci-dessous, n'est pas un provençal de naissance, mais un jour ... il en est tombé amoureux et il en est devenu un ardent défenseur ....Vous le voyez ci-dessous derrière sa caméra qui ne le quitte jamais.

le Provencal

BRAVO Jean-Paul et un grand merci pour votre soutien.

www.provencetv.fr

 

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ARTISTES EN LIBERTE 2013, c'est bientôt. A noter dans votre agenda .....

ScannedImage-3

Une trentaine d'artistes : peintres, sculpteurs, céramistes, venus du département mais aussi des départements voisins exposeront leurs oeuvres.

Entrée libre

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Vient de paraître : un livret sur la chapelle Saint Jean de Château-Arnoux.

Couverture livret Saint Jean

 

Bonsoir tout le monde,

 

Samedi dernier" Les Amis de la Chapelle Saint Jean" ont fêté leur 25ème anniversaire. A cette occasion, un livret sur la chapelle a été réalisé et tiré en quelques exemplaires. Les personnes qui n'ont pu se joindre à nous samedi dernier mais qui voudraient se le procurer (prix 12 €) pourront le faire samedi prochain, à la chapelle, lors de la prestation de l'Ecole de Musique (voir affiche ci-dessous) ou auprès de la Présidente, Jacqueline VENET.

 

concert à la chapelle

23 juin 2013

25 ans de l'Association "Les Amis de la Chapelle Saint Jean" ,fêté ce samedi 22 juin.

Nombre de pèlerins se sont rendus à la chapelle pour la messe en plein air. Messe célébrée par le Père Gottlieb et le Père Honoré, venu de Gréoux pour l'occasion. Le Diacre Mario Roncelli était également présent. Daniel GUILLOT, Mèstre d'obro du Félibrige avait préparé la messe avec les lectures en lengo nostro et dirigeait l'assistance pour les chants dédiés à Saint Jean-Baptiste. Une belle cérémonie avec un très beau temps.

Après la messe, le groupe folklorique "Lei Dansaire de Sant Dounat" a animé un apéritif-dinatoire offert par l'Association.

L'exposition photo préparée l'année dernière pour l'A.G. a été de nouveau présentée dans la chapelle pour ceux qui n'avaient pu encore la voir.

En ce samedi anniversaire, un livret retraçant l'historique de la chapelle et la vie de l'association était proposé à l'assistance pour la somme de 12 €. Ce livret, riche en photos a eu beaucoup de succès. Nombre de personnes ont pu s'y retrouver. Il en reste encore des exemplaires. Les personnes qui souhaiteraient l'avoir peuvent contacter la Présidente de l'Association.

Ci-dessous quelques photos de cette journée :

La Saint Jean-Baptiste 2013

les chants en lengo nostro

25 ans Les Amis de laChapelle Saint-Jean

25ème anniversaire - Les Amis de la Chapelle Saint-Jean

 


21 juin 2013

le 15 JUIN dernier, c'était jour de "BUGADO" à Oraison ......

Si vous n'avez pu y assister, voici le compte-rendu de La "Bugado" ou lessive à l'ancienne (Bugade)
réalisé par mes amies Les Fileuses D'Oraison (Articles), samedi 15 juin 2013, 13:05

INTRODUCTION

 Avant que ne soit inventée la machine à laver le linge, les femmes lavaient le linge de tous les jours :le petit linge au lavoir.

Mais pour le linge de maison :le gros linge c'est à dire les draps, torchons, mouchoirs...) Elles faisaient la lessive 1 à 2 fois par an.

 C'était la grande lessive à la cendre que l'on pratiquait au printemps et à l'automne.

 L'ensemble de l'opération se déroulait sur plusieurs jours selon l'importance du linge à laver.

 C'était un événement important de la vie communautaire, un acte social qui rassemblait les femmes et donnait lieu à une grande fête avec repas, chants, danses, qui faisaient oublier la fatigue de cette pénible corvée...

 Partez à la découverte de la «bugado»!




DEBANA DE LA BUGADO

DEROULEMENT DE LA LESSIVE

 Etape n°1- La préparation de la lessive.

 Quelques jours avant la date choisie pour la lessive, il fallait :

  • rassembler le linge à laver, en attente au grenier sur une poutre où il avait été entreposé après un premier décrassage

  • installer le cuvier ou «tinèu», une cuve en bois cerclé de fer sur son trépied, devant lequel on placera un récipient pour récupérer l'eau du coulage

    Le cuvier
  •  prévoir le bois pour chauffer l'eau dans un autre chaudron plus grand «lou peirou»

  • tamiser les cendres de bois qui servaient de détersif

  • préparer le matériel et les instruments indispensables à la lessive : brouette en bois, banasto, caisse à laver renforcée avec des chiffons ou des coussins de paille, calée au bord de la pierre à laver elle permettait à la bugadière de se mettre à genoux, battoir à linge, brosse en chiendent, savon deMarseille conditionné en gros cubes , on pouvait aussi utiliser de la saponaire en décoction pour faire de la mousse

  • faire tremper le linge le plus taché à l'eau froide ou tiède

Maintenant que tout est prêt, nous pouvons nous rendre à l'étape suivante...

Etape n° 2 : «l'embugadage»

 Opération qui consistait à préparer le cuvier pour la lessive

  • Il fallait placer devant le trou de vidange des branches de thym et un morceau de tuile, ainsi le linge alourdi par l'eau ne boucherait pas le trou.

  • Ensuite il fallait recouvrir l'intérieur du cuvier d'un drap de chanvre appelé «florié», puis le remplir de linge en commençant par le plus sale : pièces grossières, torchons, mouchoirs,draps,taies d'oreillers, chemises...

  • Puis on recouvrait le linge d'un autre drap plus petit et plus fin sur lequel on plaçait une épaisse couche de cendres de bois bien tamisées. Les bords des deux draps étaient roulés en bourrelets autour du cuvier pour éviter tout contact de la cendre avec le linge.

Etape n°3 : Le coulage ou la coulée

 Pendant ce temps l'eau a chauffé dans «lou peirou» le chaudron,la femme peut maintenant couler la lessive «coula la bugado».

Avec un récipient à long manche, on prélevait de l'eau chaude mais non bouillante (pour ne pas cuire la saleté) et on la versait sur les cendres en effectuant un mouvement circulaire.

On renouvelait l'opération plusieurs fois.

L'eau versée entraînait la potasse contenue dans la cendre à travers le linge, on la récupérait dans un chaudron placé sous le trou d'évacuation du cuvier.

Cette eau était appelée «leissièu».

Remis à chauffer le «leissièu»était reversé sur le linge, de plus en plus chaud pendant au moins 4 heures, on disait «metre sus la bugado». Souvent cette opération se faisait la nuit.

En fin de coulage, certaines femmes mettaient du thym sur le «florié» pour parfumer le linge, à ce moment-là on versait entièrement et peu à peu le contenu bouillant du chaudron

Pour déterminer la fin du coulage, chaque femme avait son repère : par exemple lorsque le «lessièu» prenait la couleur café au lait. Ce dernier était récupéré par les ménagères de la famille et du voisinage pour laver leurs sols.

Les femmes laissaient le cuvier égoutter avant d’entreprendre l’action suivante …

 Étape n°4 : Lavage et rinçage au lavoir

 Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d'eau, il pouvait avoir lieu à la maison, mais le rinçage, lui, nécessitait de grandes quantités d'eau claire.

Dernière étape avant le séchage, le passage au lavoir rythmait la vie des femmes.

Les bugadières se rendaient au lavoir, le linge entassé dans des corbeilles ou «banasto» sur une brouette avec le matériel indispensable à une bonne lessive : caisse, battoir, brosse en chiendent, savon de Marseille.

Sur la brouette, la caisse, à l'intérieur de laquelle se trouve le battoir et la brosse.

Pour une petite lessive, la femme portait elle-même sous son bras la corbeille de linge bien garnie.

Elles s'installaient à genoux dans leur caisse bourrée de sacs de paille et là, elles savonnent, brossent, frottent avec leurs mains avec des mouvements énergiques, jettent le linge dans l'eau, le tordent en le pliant plusieurs fois et le battent très fort avec le battoir (reçu en cadeau de fiançailles pour certaines ) sur une planche ou la pierre du bassin, afin de l'essorer le plus possible.

Le linge était rincé et retrouvait une blancheur éclatante.

Une solide barre de bois horizontale placé au-dessus des bassins permettait de stocker le linge essoré, avant le retour en brouette vers le lieu de séchage.

Etape N°5 : Le séchage du linge «lou secage»

 Le linge bien essoré (on tordait les draps à deux) et bien défroissé

en le secouant vivement, était ensuite étendu à l'envers dans les prés ou sur des cordes tendues entre des arbres.


On le laisse une nuit dehors pour que la rosée «l'eigagno» lui redonne un blanc éclatant.

 Etape N°6 : Le pliage du linge

 La dernière phase de ce travail exténuant était le pliage du linge en l'étirant le plus possible car il est rarement repassé (sauf quelques pièces de lingerie).

D'ailleurs pour le verbe repasser, la langue provençale ne dit- elle pas «estira»? Cela veut tout dire!

Ainsi s'achève notre balade à la découverte d'un moment de vie et de travail des femmes aux siècles passés.


LE LAVOIR

 Toute fontaine n'a pas son lavoir, mais tout lavoir est lié à une source ou à un cours d'eau.

Un lavoir est un bassin public alimenté en eau détournée ou captée, sur le parcours descendant d'une source ou d'un cours d'eau.

Ici à ORAISON, l'eau des fontaines et lavoirs provient d'une source «la Boucharde» située dans le vallon du Vésier rive gauche du Rancure à 500 m d'altitude environ.

Le lavoir est en général couvert pour protéger les lavandières des intempéries.

Il est composé de plusieurs éléments : la fontaine, le rinçoir (où on dégage le linge des restes de saleté et de savon) souvent divisé en 2 bassins : le «refrescator» reçoit l'eau fraîche de la fontaine qui s'écoule ensuite dans le «lavador».

Il possède généralement une ou deux barres en bois horizontales au-dessus du rinçoir pour égoutter avant de sécher le linge.

L'aire de travail est souvent faite en pierre de taille et l'accès est pavé ou dallé.

 

Il y a 3 lavoirs dans cette partie du vieux village dont 2 accueillent des crèches pour Noël :

  • le lavoir de la placette des Droits de l'Homme

  • le lavoir du Pied de ville, rue Joseph Latil

 

  • le lavoir des Pénitents, place Abel Roger



 

un autre lavoir aujourd'hui disparu se trouvait à proximité de la fontaine située entre la rue Elie-Louis Julien et les allées Arthur- Gouin.

 ROLE SOCIAL DU LAVOIR

 Le lavoir n'est pas seulement un bâtiment où les femmes lavent leur linge, c'est aussi un espace public ouvert, rempli de vie, de bruit et de cancans.

Lieu de vie convivial réservé aux femmes on y échange des informations loin des regards des maris ou des pères, une sorte de double du Café de village pour les hommes qui eux, se retrouvent en un lieu fermé autour du vin et de l'absinthe.

 

Réputé pour être un lieu de médisance :

«Au lavoir, on lave le linge, mais on salit les gens»

«Eici lou linge ven blanc, mai negre li gent»

Le lavoir n'exclut pas la solidarité,ne serait-ce que pour tordre le drap toujours à deux en sens inverse.

 

La grande lessive est une affaire de familles, les femmes se relayent pour «coula labugado» ou encore elles partagent le «leissièu»avec leurs voisines.

 CONCLUSION

 Mais aujourd'hui,cet équipement collectif jadis indispensable à la vie quotidienne, ce lieu de communication orale entre femmes, ne joue plus le rôle qui était le sien dans la vie locale d'autrefois.

«Il est devenu un endroit déserté... un lieu de mémoire que l'on visite parfois» comme aujourd'hui, ou au moment de Noël quand il devient un support d'animations festives.

 

«S'ils ne font plus partie de la vie quotidienne... les lavoirs entrent dans notre mémoire en tant qu'élément du patrimoine légué par nos ancêtres».

  

SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES UTILISEES

  Haute Provence d’hier : «La femme à la fontaine»

Documents réunis et présentés par Jean-Yves ROYER et Pierre MARTEL

1978 – LES ALPES DE LUMIERE

 «ORAISON – Le temps retrouvé»

Claude SAUVE

1996 – EQUINOXE

 «ORAISON – Regards croisés»

Claude SAUVE

2009 – ALAN SUTTON

 «Fontaines et lavoirs en Val de Rancure»

André LAURENT

2009 – CASTELLUM

 AUTRES SOURCES UTILISEES

 Les documents aimablement prêtés par Mme Joëlle BERG sur le déroulement de la lessive –

«Debana de la bugado»

Les photos mises à notre disposition par l'Office du Tourisme d'Oraison et M. Serge Klutchnikoff (CASTELLUM),

Sans oublier les richesses d’Internet.


Si vous voulez voir une autre bugade,
je vous donne rendez-vous au LAVOIR DE VOLONNE,
le dimanche 28 juillet prochain
Sous l'égide de l'Association "VOLONNE INITIATIVES"









17 juin 2013

Les poteries jarlandines : Démonstration d'un façonnage à la corde

Comme toutes les personnes présentes ce jour là, j'ai été trés intéressée par la démonstration de montage de jarres à la corde, effectuée par Philippe BRZEZINSKI, Céramiste-potier et spécialiste reconnu en la matière. Un savoir faire mis à l'honneur auourd'hui. Si vous aviez besoin des services d'un potier, vous pouvez le retrouver à Saint-Etienne Les Orgues.

Matériel nécessaire

façonnage d'une poterie à la corde

Façonnage à la corde

Le travail terminé

la corde enlevée

15 juin 2013

Une balade à faire : Direction ORAISON ....et une expo à découvrir !

Du 1er au 14 juillet 2013

Les Fileuses d'Oraison vous proposent

une exposition de robes de baptême
Dans leur local, allée Romain Selsis à Oraison

Elles vous attendons nombreux!

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13 juin 2013

Les poteries : un savoir faire

Et si nous cherchions à en savoir un peu plus sur la poterie  en général ...

Dans une poterie, il y a cinq phases de travail : la préparation de la terre, le tournage, l'émaillage et le séchage, la cuisson et ensuite, si ce n'est pas pour un usage personnel, la commercialisation.

LA PREPARATION DE LA TERRE :

La phase la plus longue et la plus ingrate aux dires des initiés est certainement l'extraction et la préparation de la terre.

La préparation consiste en trois opérations distinctes : le portage, le battage et le coupage en lamelles de la terre destiné à détruire les noeuds qu'elle pouvait présenter.

LE FACONNAGE :

il y a plusieurs façons de monter un pot :

- La première, la plus simple c'est celle que l'on a tous fait au moins une fois quand nous étions petits, c'est de creuser une boule d'argile avec les doigts, de la lisser. Mais de cette façon, il est évident que l'on ne peut pas faire de grosses pièces, ni en faire en grosse quantité.

- une seconde technique consistait à enfiler sur une tige des gabarits reliés par des lamelles verticales et à enrouler en spirale une corde de la base au sommet pour déterminer le galbe intérieur du futur pot. On plaquait alors la terre sur la corde et on la lissait. On obtenait ainsi après récupération de la corde et des gabarits des pots de grande taille. Cette technique fut utilisée jusqu'en 1945 à Aubagne. C'est une méthode qui peut être rapprochée de celle des temps néolithiques où l'on façonnait un pot en le lissant autour d'un panier.

- la troisième technique consiste à enrouler sur lui-même un serpentin de terre dit "colombin". Chaque tour devenant solidaire du précédent par léger tassement. Cette technique a été utilisée pour des pièces lourdes et de grandes tailles. Le montage par colombin pouvait également se faire sur un tour très primitif, un pseudo-tour, que l'on déplaçait à la main. cas de Thiat dans la Haute-Vienne.

On en arrive ainsi aux tours proprement dits qui se ramènent à deux types : le tour à bâton et le tour à pied.

Le tour à bâton est préférentiellement le tour du Nord de la France. Son origine serait germanique et vis à vis du tour à pied présenterait un caractère récessif. Son principe repose sur la force d'inertie d'un volant qu'on lance à l'aide d'un bâton. En l'occurence, une roue de charette, posée sur un pivot et convenablement lancée suffira à faire l'affaire. 

Dans le tour à pied, la lourde roue de fer est remplacée par un plateau circulaire que le potier entraîne en permanence avec son talon. L'entraînement pourra aussi se faire à l'aide d'une pédale latérale.

Pour la fabrication des grandes pièces, que ce soit par le procédé du colombin ou au tour, il était nécessaire en cour de montage de faire légèrement durcir la partie inférieure afin qu'elle ne s'affaise pas sous le poids de la terre qui allait constituer la partie supérieure. On plaçait alors au centre de la pièce en cours de montage, un braséro de fer rempli de braises. Les parois, une fois durcies, le tournage pouvait reprendre. Pour les très grandes pièces le procédé pouvait être utilisé deux fois.

La dernière façon de créer une pièce pouvait l'être par moulage. Procédé très ancien puisqu'on le retrouve chez les sigillées des Gallo-Romains. Il sera plus ou moins utilisé mais il sera plus fréquent dans le midi de la France que dans le Nord. Le Midi ayant gardé plus longtemps la tradition d'une vaisselle de terre soigneusement émaillée, faite de pièces de forme, donc obligatoirement moulée, parallèlement à la vaisselle de faïence. Les moules seront en terre ou en plâtre.

Je relèverai une petite précision, c'est qu'à la poterie, le collages des anses "L'ansage", est traditionnellement le travail des femmes. Travail moins fatiguant que le tournage mais très délicat car les anses, surtout dans les grands saloirs, qui auront à supporter des charges considérables ne doivent en aucun cas se détacher. Nécessité d'observer entre le pot en cours de séchage et l'anse que l'on y applique un degré d'humidité compatible et de bien ancrer les anses sur les panses des pots.

 LE SECHAGE ET L'EMAILLAGE

Détaché de son tour, le pot encore humide sera mis à sécher. D"une manière générale le Nord préfèrera un séchage dans des hangars aérés mais à l'abri du soleil. Lorsque l'on désirait un séchage accéléré on pouvait placer les poteries dans le four encore tiède ou encore disposer des braséros dans l'atelier. Le Sud optera pour un séchage au soleil auquel les qualités des terres ne sont pas étrangères.

Les pièces dont on désirait soigner la finition étaient reprises sur le tour après un premier séchage partiel ou, à l'aide d'un "tournassin" petite pièce de fer enmanchée, on ébarbait, on lissait ou on décorait de quelques traits la pièce.

Bien sec le pot pouvait alors être émaillé ou non. L'émaillage coûtant cher sera utilisé avec logique. Emaillage intérieur des pots cuits aux environs de 900° à 1000° et de ce fait poreux, émaillage de leurs goulots pour en faciliter le nettoyage. Mais, par contre, pas d'emaillage pour les ploteries de grès cuites entre 1100° et 1 300° rendues naturellement imperméables lors de la cuisson par vérification superfcielle de la surface. Seront par contre émaillées sans souci d'économie, les pièces de prestige, les pots de mariage, les vases décoratifs...

La base de l'émail que l'on rencontre le plus souvent est essentiellement le plomb, quoiqu'il y ait bien d'autres façons pour émailler (cendre de bois, laitiers réduits en poudre des bas fourneaux une fois fondu on y ajoutait de la centre de bois et l'on brassait le tout avec une barre de fer portée au rouge. La poudre obtenue était tamisée finement et utilisée soit par aspersion poit par immersion de la pièce. Pour obtenir les couleurs on incorporait des oxydes, ainsi celui de cuivre pour obtenir le vert ; de fer pour le noir, de bleu de cobalt pour les bleus.

Vers 1830 on reconnut les dangers dus à la manipulation du plomb et les maladies graves qu'elle entraînait ; il faudra un siècle pour que son emploi soit définitivement interdit. 

La poterie culinaire de Vallauris étant poreuse, il convenait de l'émailler intérieurement. l'extérieur restant sans émail pour pouvoir aller au feu et se dilater sans risque d'éclatement.

LA DECORATION

Aborder les notions d'émaillage, c'est déjà parler du décor.  Un pot sur lequel on aura pris soin d'appiquer une larme de laitier ou une tâche de cendre de bois est déjà un pot décoré. Notons au passage que toutes les poteries auxquelles on aura apporté un surcroît de finition sont dans tous les cas des pièces admirablement tournées, très belles dans leurs lignes. Mais, la plupart du temps, seule la pureté de la forme, la qualité du tournage suffira au potier qui saura, lui, qu'il a réalisé une pièce parfaite. Il ne faut pas perdre de vue que dans bien des centres, notamment en Savoie ou en Dauphiné par exemple, le décor n'a pour but que de dissimumer les imperfections et que la clientèle locale rurale ne s'y trompait pas laissant aux touristes les pièces les plus colorées.

Le premier décor est celui fait avec les doigts. Ce sera jusqu'à une époque récente celui des potières corses ou bretonnes. Ce sera aussi le décor sur les bandelettes de terre appliquées sur les poteries d'Auvergne, du Périgord ou de l'Ain. Mais là encore il ne faudra pas perdre de vue que ces côtes disposées le long des pots sont au premier chef des éléments de protection.

Une façon simple également de décorer consiste à l'aide d'un clou ou d'un peigne à tracer des cannelures droites ou ondées sur le pot encore humide. Ce procédé a beaucoup été utilisé pour les grès ; lorsque le potier sentait que la forme était bien venue c'était un peu le dernier coup de chic qu'il donnait.

On pouvait aussi décorer avec un poinçon (pastille, rosace, fleurette ...) ou avec une molette. Des pièces démonétisées pourront également faire l'affaire.

Une technique plus complexe qui a valu à Beauvais ses lettres de noblesse est celle du décor dit "à scrafito". le principe consiste à enduire par trempage la pièce d'une engobe d'une certaine couleur, puis après séchage, d'une seconde engobe d'une couleur opposée. Par grattage de la seconde couche la première apparaît.

On peut également obtenir des effets spectaculaires en mélangeant terres blanches et terres rouges qui donneront au tournage un aspect jaspé. Deux villes Apt et Uzès se disputent l'honneur d'être à l'origine de cette technique.

Plus simplement on obtiendra le jaspage par la peinture. Cette technique sera utilisée dans toute la Vallée du Rhône.

Un autre type de décor fréquent consitera à opposer des terres de couleurs différentes en collant sur le pot "à la barbotine", des motifs moulés ou sulptés. Cette liste des principaux procédés de décoration n'est pas limitative.

L'ENFOURNEMENT. LES FOURS

Les fours se ramènent à quatre types principaux, ne citons que pour mémoire l'utilisation des fours de boulangers ou les mariages plus ou moins réussis avec les verreries.

Un four simple, dont les derniers exemplaires ont été utilisés en Bretagne durant la guerre, est une sole ciruclaire posée sur un petit muret sur laquelle on emplilait les porteries en forme de dôme, on lutait l'ensemble, on chargeait le foyer d'aiguilles de pin et l'on conduisait le feu pendant deux heures avec des fagots de genêts. le refroidissement demandait quatre heures.

Un des modèles les plus répandus destiné à la cuisson des terres ne soupportant pas plus de 1000° consiste en une chambre rectangulaire construite en pierre ou en argile. Un tiers est destiné au foyer et deux tiers au laboratoire. Il est souvent installé sur un terrain en pente pour accélérer le tirage. Sa dimension est de cinq à six mètres pour une largeur de trois mètres; la cuisson durait cinq à six heures. A l'habitude le potier jugeait du moment opportun pour arrêter le four.

Le troisième type également très répandu consiste en une chambre cubique en terre réfractaire bâtie sur une voûte où se situera le foyer. Des trous aménagés dans cette voûte conduiront la chaleur qui après avoir léché les pots sortira par un certain nombre de cheminées situées au sommet de la chambre supérieure.

Plus complexe, destiné à la cuisson des grès, soit de 1100° à 1 300°, sera le four-couloir. C'est un demi-cylindre couché  axe de tirage oblique et à foyer terminal. il est construit en pierre et possède une cheminée. Dans la cheminée dite "culasse" on empile encore des pots jusqu'à mi-hauteur et l'on y place les "montres" qui permettent de suivre les degrès de températures. La cuisson délicate est divisée en "petit feu" (la trempe) qui dure de seize à dix-huit heures et en "grand feu" qui dure de trente-six à quarante heures.

Dans les fours les plus anciens et les moins élaborés la cuisson pouvait durer huit jours et plus.

L'enfournement était une opération très délicate et souvent on faisait appel à un spécialiste. Une cuisson ratée pouvait signifier la ruine d'un atelier. Le principe consite à empiler les petits pots dans les grands, à les serrer au maximum pour éviter les déperditions de chaleur tout en évitant qu'ils ne se touchent ou qu'il s ne s'affaissent. Dans les grands fours de trente à cinquante mètre cubes c'était parfois toute la production d'un mois que l'on empilait. Le refroidissement durait huit jours.

Restait ensuite la commercialisation ...

Source de mes informations :

un ouvrage extrêmement bien documenté : "POTIERS ET POTERIES" d'Alain BAVOUX -

Editions Charles Corlet - Mars 1983.

A noter que des cartes postales anciennes souvent uniques ou inédites servent de support à ce livre

 

 

les poteries

06 juin 2013

Les Fabriques de terrailles à Château-Arnoux au XVIIIème siècle

Dans le cadre des journées du Patrimoine de Pays qui ont lieu du 14 au 16 juin prochains,

c'est "le patrimoine rond" qui a été retenu comme thème national 2013.

L'association du Patrimoine de Château-Arnoux, en collaboration avec la Médiathèque ont décidé de mettre à l'honneur les "jarres" de Château-Arnoux.

Dans mes messages précédents : 11 et 12 avril, je vous annonçais déjà cette manifestation. et dont mon message du 10 Mai 2010, je vous parlais justement de la carrière d'argile de Château-Arnoux, du four à poterie et des jarres de Château-Arnoux, je vous invite à le relire.

mais aujourd'hui, pour compléter ce sujet, je vous ai relevé quelques détails dans les Annales de Haute-Provence, Bulletin de la Société Scientifique et littéraire des Alpes de Haute-Provence sur Château-Arnoux, N° 303

.... D'après l'Abbé MAUREL, en 1882 au quartier des Sallettes ont été découvertes des pièces de monnaies et de nombreux vestiges témoignant d'une activité commerciale surprenante remontant au début du 1er siècle.....

Vers le Sud, des vestiges sont à noter dans les environs de l'ancienne chapelle Saint-Pierre. Dans les murs mêmes de la chapelle des remplois de tuiles "romaines" tandis qu'à peu de distance furent découverts également au siècle dernier, au moment de la construction du chemin de fer, des subtructions et quelques monnaies, parmi lesquelles Néron, Constantin 1er, Commode et un autre bronze usé de 31 mm....

.. Après ceux de Saint-Pierre et sans quitter Château-Arnoux, les vetiges gallo-romains les plus notables sont ceux des environs de la Vieille Ferme de Font-Robert.

Au siècle dernier, un peu avant 1881, on note la découverte, Sans autres précisions, d'une grande pierre" appartenant à un ancien tombeau". Ensuite et beaucoup plus récemment, en décembre 1956, c'est sur l'emplacement de la "Villa Poitevin" la découverte de deux jarres ou amphores, vides, à la faible plrofondeur de 0.50 m.

En mars 1962, apparaissent à 100 m à l'Est, en bordure de la route, vers 0.80 à 1 m de profondeur des bustructions grossières et de tuiles plates, et, à peu de distance, très récemment, fin juin 1986, on remarque dans une grande excavation entre la R.N. et le boulevad de la Liberté un niveau antique comparable, à la profondeur de 1.30 m.

Mais les vestiges les plus remarquables se situent à l'ouest de la ferme. Ainsi, en avril 1964, on pouvait observer dans une tranchée creusée au-dessous du mur qui limite le jardin public, des tuiles romaines, un col d'amphore et des tessons de céramique dite sigillée rouge caractéristique de l'époque gallo-romaine.

Dans le voisinage on décelait la présence d'un mur en petit appareil de galets taillés, large de 0.53 m affleurant le sol sur une longuer de 3.50 m.

Enfin découverte spectaculaire, le 22 janveir 1974 : en creusant une piscine immédiatement à l'Ouest de la ferme apparaissent, entièrement enfouies, deux très grandes jarres, plus exactement des "dolia" encore en place dans le sol et à peu près intactes. Nous sommes donc bien en pays "jarlandin". Les sommets de ces énormes récipients étant à la profondeur de 0.60 m et de 1.20 et les bases à tou près de 3 m de profondeur.

On notait, à proximité, les traces d'un sol antique en mortier, des fragments d'enduit mural de tiente rouge très caractéristiques de l'époque gallo-romaine et quelques tessons.

Le doloium en meilleur état a été fort heureusement conservé. On a pu le voir pendant quelques années devant l'entrée de la ferme. Il mesurait 1 m 78 de haut pour une circonférence maximum à la panse de 4.82 m. Mais aujourd'hui il a disparut, Mais au fait qu'est-il devenu ??????

Je vais arrêter là ma copie : au fil des ans de nombreux vestiges ont été relevés qui ne se limitent pas d'ailleurs qu'à l'époque gallo-romaine, mais également du Haut moyen âge qui nous parlent du passé de Château-Arnoux. On ne peut que remercier toutes les personnes qui nous ont laissé des écrits témoignant de ces trouvailles tels que l'Abbé MAUREL, Pierre COLOMB, Raymond MOULIN ......

 Un petit rappel en ce qui concerne les potiers de Château-Arnoux :

En 1791 : on avait recensé à Château-Arnoux, un potier à terre : Marc Antoine HEYRIES

En 1836 : 4 potiers à terre Joseph SANTON 44 ans - Michel ANDRE : 57 ans - Michel ANDRE 20 ans son fil - J.Joseph ANCRE 32 ANS;

En 1846 : 1 potier dans la grand rue : Joseph SANTON

En 1851 : Deux potiers à terre : Un rue de la Calade, un rue Charge Rosse.

En 1861 : un potier rue de la Calade. Joseph SANTON 68 ans

En 1872, il n'y avait plus de potiers.

Mais je peux quand même vous montrer ci-dessous, une très belle composition de poteries "gerlandines" ou "jarlandines" détenues par une "dame jarlandine", dans une ancienne maison de mâitre du village.

 Les poteries jarlandines