Au XIXème siècle, toutes les couches de la population sont amenées à placer leurs  enfants : les femmes qui ne peuvent plus les nourrir, mais aussi les parents dont l'activité professionnelle ne leur permets pas de les élever, ou encore parce que l'on estime que la vie leur serait plus saine au grand air, tandis que sont bien sûr placés les "enfants trouvés", fréquemment mis en nourrice par l'intermédiaire d'une sorte de correspondante locale des hospices appelées la "meneuse".

Ci-dessous photos de Nourrices au sein et enfants au Clos Saint-Ursule à Sisteron, début XXème siècle

Nourrices au sein

 En exclusivité, suite à ce message et la photo des deux nourrices, ci-dessus,  j'ai reçu un message que je vous retransmets :

......"J'ai lu avec intérêt votre blog et je voudrais apporter quelques précisions aux illustrations concernant les nourrices. Ces photos de ma famille font partie du fond photographique de Saint Marcel Eysseric (1831-1915) (notable Sisteronnais, photographe, historiographe régionaliste, collectionneur, etc). Ces photos (près de 1600) ont récemment été transmises aux archives départementales et un certain nombre doivent faire partie d'une exposition à partir de septembre prochain aux Archives. Le Clos Ste Ursule à Sisteron, couvent jusqu'à la révolution, fut ensuite pendant plusieurs décennies la Sous préfecture de Sisteron. Vers 1860, Saint Marcel Eysseric en fit l'acquisition pour y habiter avec sa famille et y loger ses collections. ... Je peux donc la dater de 1890 ou 1891. La photo d'a coté représente pour moi un des cousins de mon grand père..... sur la photo un peu plus bas, si j'identifie bien l'escalier de Ste Ursule, j'identifie moins bien les personnages. En espérant que ces précisions vous seront utiles Cordialement Jean Marie Giraud

Une loi votée le 23 décembre 1874 (la loi Roussel) témoigne de l'importance accordée par l'Etat à la protection des enfants en bas âge. Le maire de la commune y joue un rôle très important puisque c'est ui qui fournit un certificat à toute femme souhaitant officer comme nourrice, attestant en particulier que son dernier enfant est âgé de sept mois révolus, puisqu'il doit être sevré afin que sa mère puisse alimenter un autre nourrisson. Le maire doit aussi recueillir l'autorisation du mari de la future nourrice, et qu'un médecin doit attester de la bonne santé de sa candidate. Celle-ci reçoit alors un "carnet de nourrice, sevreuse ou gardeuse". qu'elle présente chaque fois que nécessaire au maire, au médecin inspecteur ou à l'inspecteur départemental.

Source Archives départementales

Claire BERNARD est née en 1810 Epouse de Clair Bellon, elle est mère de huit enfants nés entre 1831 et 1853;

Devenue nourrice au sein à Chasteuil, le service des enfants des Hospices de Marseille lui confie trois enfants quelques semaines après leurs naissances, entre 1839  et 1842 : Marie Impaix, Léon Fanthon et Joseph Tivoli. En effet, les enfants trouvés dans les Bouches-du-Rhone sont déplacés vers d'autres départements : on parle alors de "translation".

Marie Impaix est confiée en janvier 1839 et reste pus de quatre ans au domicile de Claire Bernard : elle apparaît dans le recensement de Chasteuil en 1841 au foyer des Bellon sous la dénomination "Marie Impraix : en nourrice - enfant trouvé". Claire Bernard reçoit en contrepartie de son travail 6 francs par mois.

Tous les enfants confiés à Claire Bernard meurent en bas âge tandis qu'elle perd elle-même probablement quatre ou cinq de ses propres enfants. Ces décès prématurés témoignent de la terrible mortalité infantile.

 Rose BRUN est née en juillet 1843. Mariée à Joseph Coulomb, elle est nourrice au sein à Mirabeau et mère de quatre enfants. Un certificat médical délivré en 1878 atteste que son dernier-né a au moins un an et qu'elle est vaccinée. Au cours de son activité, elle garde au moins six enfants. Contrairement à Claire Bernard, ces enfants sont souvent placés par les parents. La majorité d'entre eux restent seulement quelques mois en nourrice, retirés par leurs parents ou décédés prématurément.

La petite Marie Gondran, née en mars 1878 de père inconnu et confiée à Rose Brun par l'intermédiaire de l'hospice de Digne, restera en nourrice puis en garde de 1878 et 1886 année de son décès. Elle apparaît dans le recensement de Mirabeau en 1881 alors âgée de 4 ans, au foyer de Rose Brun et de son mari Joseph Coulomb. "Marie Gondran : Enfant confié à leur soins". (Textes et photos des Archives départementales).

 

FEMMES BAS ALPINES AU TRAVAIL 3 027

 Clos Saint-Ursule : Fin XIXème siècle (Dame, nourrice et enfant)

Le revenu perçu par les nourrices permet d'améliorer l'ordinaire de ces couples d'agriculteurs ou d'artisans.

 La rétribution est graduée en fonction de l'âge de l'enfant.                  

A suivre ...